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Textes des chrétiens des premiers siècles

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Message par jaimedieu le Sam 16 Aoû 2014 - 20:42

Rappel du premier message :

N.B. Si une personne désire émettre un commentaire, une critique ou une suggestion, il serait préférable de la poster sous "Annonces et Suggestions" ou tout autre fil, et ce, afin d'éviter de "briser" la continuité des posts mis en ligne. Merci de votre compréhension et de votre collaboration.

Ce choix de textes a été préparé par la communauté de Taizé pour soutenir une recherche des sources de la foi.

"Les "Pères de l'Église", ces témoins des premiers siècles, étaient emplis du désir d'exprimer la nouveauté de la foi au Christ dans leurs sociétés. Par là, ils rejoignent souvent nos préoccupations d'aujourd'hui.

L'un d'entre eux, dont le nom est inconnu, écrivait au IIe siècle que les chrétiens étaient appelés à être dans les cités du monde ce que l'âme est dans un être humain.

Écoutons-les: loin de rester des personnages du passé, ils deviennent comme ces amis qui nous prennent par la main et nous entraînent à la rencontre du Christ."

(Source: "Soyons l'âme du monde"; textes choisis des chrétiens des premiers siècles, éd. Les Presses de Taizé, 2e édition, 1998, 189p.)
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Message par jaimedieu le Lun 5 Jan 2015 - 17:17

Bède le Vénérable (VIIIe siècle)

"Jean avait témoigné en naissant que le Christ allait naître ; en prêchant il avait témoigné que le Christ allait prêcher, en baptisant, qu'il allait baptiser. En souffrant le premier sa passion, il signifiait que le Christ devait lui aussi la souffrir.

Cet homme si grand parvint donc au terme de sa vie par l'effusion de son sang après une longue et pénible captivité. Lui qui avait annoncé la bonne nouvelle de la liberté d'une paix supérieure est jeté en prison par des impies. Il est enfermé dans l'obscurité d'un cachot, lui qui était venu rendre témoignage à la lumière et qui avait mérité d'être appelé flambeau ardent de lumière par la lumière elle-même qui est le Christ (Jn 5, 35).

Par son propre sang est baptisé celui à qui fut donné de baptiser le Rédempteur du monde, d'entendre la voix du Père s'adresser au Christ et de voir descendre sur lui la grâce du Saint-Esprit. Mais il ne lui était pas pénible, bien plus, il lui semblait léger et désirable d'endurer pour la vérité des tourments temporels qui laissaient entrevoir la récompense des joies éternelles."
(Bède le Vénérable :Homélie 23)

"Le parfait amour est celui par lequel il nous est commandé d'"aimer le Seigneur de tout notre coeur, de toute notre âme et de toute notre force et le prochain comme nous-mêmes" [Mc 12, 30-31]. Et l'amour de l'un ne peut être parfait sans l'amour de l'autre, car on ne peut aimer vraiment ni Dieu sans le prochain ni le prochain sans Dieu. Aussi, chaque fois que le Seigneur demande à Pierre s'il l'aime et que celui-ci répond qu'il l'aime en le prenant lui-même à témoin, à chaque reprise il conclut : Paix mes brebis ou Paix mes agneaux [Jn 21, 15-17] ; c'est comme s'il disait ouvertement qu'il n'y a qu'une véritable preuve d'amour total de Dieu : l'ardeur à prendre bien soin des frères."
(Bède le Vénérable, Homélie 22).
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Message par jaimedieu le Mar 6 Jan 2015 - 16:55

Saint-Augustin (extraits)

"Se présentant aux regards dans la faiblesse de la chair et demeurant caché selon la majesté divine, notre Seigneur Jésus Christ dit à ceux qui avaient cru en lui quand il parlait : Si vous demeurez dans ma parole, vous serez vraiment mes disciples, car celui qui persévérera jusqu'à la fin sera sauvé, et vous connaîtrez la Vérité qui vous est cachée maintenant et qui vous parle et la Vérité vous délivrera. Ce mot : vous délivrera, le Seigneur l'a tiré du mot de liberté : il délivre ne signifie en effet rien d'autre au sens propre que : il rend libre.

De même que sauver ne signifie rien d'autre que rendre sauf, que guérir ne signifie rien d'autre que rendre sain, qu'enrichir ne signifie rien d'autre que rendre riche, ainsi délivrer ne signifie rien d'autre que rendre libre. Cette signification est plus claire dans le mot grec, car selon l'usage du latin nous disons la plupart du temps qu'un homme est délivré alors qu'il ne s'agit pas de sa liberté, mais de sa santé, comme on dit de quelqu'un qu'il est délivré de sa maladie ; c'est le langage habituel, ce n'est pas pourtant le terme propre.

Mais le Seigneur a choisi ce mot : La Vérité vous délivrera de telle sorte qu'en grec personne ne puisse douter qu'il ait parlé de la liberté." (Homélies sur l'Evangile de Jean, Tr. 41, 1)

"Jésus donc, fatigué par la route, s'était assis au bord du puits. C'était environ la sixième heure. Déjà commencent les mystères. Car ce n'est pas sans raison que Jésus est fatigué ; car ce n'est pas sans raison qu'est fatiguée la Force de Dieu : car ce n'est pas sans raison qu'est fatigué celui qui refait les forces des fatigués ; car ce n'est pas sans raison qu'est fatigué celui dont l'abandon cause nos fatigues, dont la présence nous réconforte.

Jésus cependant est fatigué, et il est fatigué par la route ; il s'assied, et il s'assied au bord du puits, et c'est à la sixième heure qu'il s'assied, fatigué. Tous ces détails signifient quelque chose, ils veulent indiquer quelque chose ; ils nous rendent attentifs, ils nous exhortent à frapper. Qu'il nous ouvre donc lui-même, et à nous comme à vous, celui qui a daigné nous exhorter en disant : Frappez et l'on vous ouvrira. C'est pour toi que Jésus est fatigué par la route.

Nous trouvons Jésus qui est la Force même, et nous trouvons Jésus qui est faible. Jésus fort et faible, fort car au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu ; il était au commencement auprès de Dieu. Veux-tu voir à quel point ce Fils de Dieu est fort ? Tout par lui a été fait et sans lui rien n'a été fait, et sans peine il a tout fait. Qu'y a-t-il donc de plus fort que celui par qui, sans peine, tout a été fait ? Veux-tu connaître sa faiblesse ? Le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous.

La force du Christ t'a créé, la faiblesse du Christ t'a recréé. La force du Christ a donné l'existence à ce qui n'était pas, la faiblesse du Christ a préservé de la mort ce qui était. Il nous a créés par sa force, il nous a recherchés par sa faiblesse.

[...] Vient une femme. Figure de l'Eglise qui n'était pas encore justifiée, mais qui allait bientôt le devenir, car telle sera l'oeuvre de la parole. Elle vient sans rien savoir, elle le rencontre, et il s'entretient avec elle. [...] Ecoutons-nous donc en elle, reconnaissons-nous en elle et en elle rendons grâce à Dieu pour nous. Elle était une figure en effet, et non pas la réalité ; et parce qu'elle-même offrait par avance une figure, elle est aussi devenue réalité. Car elle a cru en celui qui nous la proposait comme figure. Elle vient donc puiser de l'eau. Elle était venue simplement puiser de l'eau, comme les hommes ou les femmes ont coutume de le faire...."
(Homélie XV sur l'Evangile de Jean, 6-10, extraits).

"Louons Dieu, mes frères, et par la voix, et par l'intelligence, et par les bonnes actions ; et d'après l'exhortation du psaume [Ps 149], chantons-lui un cantique nouveau. Car c'est ainsi qu'il commence : "Chantez au seigneur un nouveau cantique" [Ps 149, 1].

Le vieux cantique est celui du vieil homme, le nouveau cantique, celui de l'homme nouveau [...] Et ce cantique est celui de la paix, le cantique de l'amour. Quiconque se sépare de l'assemblée des saints, ne chante pas le cantique nouveau. Il s'attache en effet à la haine qui est antique, et non à l'amour qui est nouveau. Que trouvons-nous dans l'amour nouveau, sinon la paix, le lien d'une société sainte, une union spirituelle, un édifice de pierres vivantes ? Où rencontrer cela ?

Non point dans un seul endroit, mais dans l'univers entier. [...] celui qui ne chante pas avec toute la terre, ne chante point un cantique nouveau, quelles que soient les paroles qui sortente de sa bouche. A quoi bon écouter le son de la voix, quand je connais la pensée ? Mais vous, dira-t-on, connaissez-vous la pensée ? Les actes me l'apprennent. [...] Il est beaucoup de pensées qui demeurent dans notre intérieur : mais il en est beaucoup qui passent dans nos oeuvres, et qui deviennent évidentes pour les hommes [...]

"Qu'ils chantent ses louantes au son du tambour et du psaltérion". Pourquoi choisir ici le tambour et le psaltérion ? Afin qu'on ne loue pas Dieu de la voix seulement, mais aussi par les oeuvres. Chanter sur le tambour ou sur le psaltérion, c'est joindre la main à la voix. De même pour toi, lorsque tu chantes l'Alleluia, si ta main donne le pain à celui qui a faim, revêt celui qui est nu, donne l'hospitalité à l'étranger, l'action est en accord avec les paroles.

Tu as pris la harpe en main, et les doigts et la langue sont en harmonie. Ne passons pas sous silence la signification mystérieuse du tambour et du psaltérion. Le tampour est formé d'une peau tendue, le psaltérion de cordes tendues aussi. L'un et l'autre de ces instruments désignent la chair crucifiée. Il chantait admirablement sur le tambour et sur le psaltérion, celui qui disait : "Le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde" [Ga 6, 14].

Or il l'engage à prendre le psaltérion et le tambour, celui qui aime le cantique nouveau, et qui te donne cette leçon : "Si quelqu'un veut être mon disciple, qu'il renonce à soi-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive." [Mt 16, 24]. Qu'il ne quitte pas le psaltérion, ne quitte point le tambour, qu'il s'étende sur le bois et desséche la convoitise de la chair. Plus les cordes sont tendues, plus le son en est aigu.

Que dit saint Paul, afin de rendre un son plus aigu sur le psaltérion ? "J'oublie ce qui est en arrière, je m'étends vers ce qui est devant moi, poursuivant la palme de la vocation éternelle" [Ph 3, 13-14] L'Apôtre s'étendait pour ainsi dire, et sous le doigt du Christ il rendait le son harmonieux de la vérité. "Chantez ses louanges sur le psaltérion et sur le tambour.""
(Augustin, Discours sur le Ps 149, 1 ; 2 ; 8).

"L'Eglise connaît deux vies qui lui ont été enseignées et recommandées par Dieu. La première est représentée par Pierre, la seconde par Jean. La première s'écoule tout entière ici-bas jusqu'à la fin de ce siècle et elle y trouve sa fin, la seconde ne s'accomplira qu'après la fin de ce siècle, mais dans le siècle futur elle n'aura pas de fin.

C'est pourquoi il est dit au premier : Suis-moi et il est dit à l'autre : Je veux qu'il demeure jusqu'à ce que je vienne (Jn 21, 23).

Ces deux vies, Pierre et Jean en ont été respectivement la figure, mais tous les deux ont marché temporellement par la foi dans la vie d'ici-bas et tous les deux jouiront éternellement par la vision de la vie du ciel. C'est donc pour tous les saints qui appartiennent inséparablement au Corps du Christ, afin de les diriger dans cette vie si orageuse, que Pierre, le premier des apôtres, a reçu les clefs du royaume des cieux pour lier et délier les péchés, et c'est pour tous les saints également, afin qu'ils parviennent au havre de paix de la mystérieuse vie future, que l'évangéliste a reposé sur la poitrine du Christ, car ce n'est pas Pierre seul en effet, mais toute l'Eglise qui lie et délie les péchés, et ce n'est pas non plus Jean seul qui a bu à la source de la poitrine du Seigneur ce qu'il proclamerait par sa prédication, mais c'est le Seigneur lui-même qui a répandu par tout l'univers l'Evangile."
(Augustin : Homélie 124 sur l'Evangile de Jean, 5 et 7)

"Souvenez-vous de la femme de Loth [Gn 19, 26]. Elle regarda en arrière cette Sodome dont elle était délivrée, elle demeura à l'endroit où elle avait tourné la tête : elle doit y demeurer afin de servir de leçon à tous ceux qui passeront en ces lieux.

Donc une fois délivrés de cette Sodome, de notre vie passée, ne regardons plus en arrière [...] que nul ne regarde en arrière, ne trouve sa joie dans sa vie passée, ne se détourne de ce qui est en avant, pour retourner à ce qu'il a quitté. Qu'il hâte sa course jusqu'à ce qu'il soit arrivé ; ce ne sont point nos pieds qui se hâtent, mais l'ardeur de nos désirs. Que nul, tant qu'il est en cette vie, ne dise qu'il est arrivé. Qui peut se flatter d'être aussi parfait que saint Paul ?

Et pourtant il a dit :Mes frères, je ne pense pas encore être arrivé au but ; tout ce que je sais, c'est que, oubliant tout ce qui est derrière moi, je m'avance vers ce qui est avant moi, pour atteindre le but et la palme à laquelle Dieu m'a appelé d'en haut, en Jésus-Christ [Ph 3, 13-14]. Voilà Paul qui court encore, et toi, tu te croirais arrivé ?" (Discours sur le Psaume 83, 4).

"Les richesses et les hautes dignités, les grandeurs de ce genre par lesquelles se croient heureux les mortels qui n'ont jamais connu la vraie félicité, que peuvent-elles donner de bon, puisque mieux vaut ne pas en avoir besoin que d'y briller, et qu'on est bien plus tourmenté de la crainte de les perdre qu'on ne l'était du désir d'y parvenir?

Ce n'est point par de tels biens que les hommes deviennent bons, mais ceux qui le sont devenus d'ailleurs changent en biens ces richesses périssables par le bon usage qu'ils en font. Là ne sont donc pas les vraies consolations, elles sont plutôt là où est la vraie vie ; car il est nécessaire que l'homme devienne heureux par ce qui le rend bon."
(Lettre à Proba, 3).

"Dieu est amour (1 Jn 4, 8). Pourquoi aller et courir au plus haut des cieux, au plus profond de la terre, à la recherche de celui qui est tout près de nous, si nous voulons être tout près de lui ?

Que personne ne dise : "Je ne sais quoi aimer." Qu'il aime son frère, il aimera ce même amour. Il connaît mieux en effet l'amour dont il aime, que son frère qu'il aime. Et voilà dès lors que Dieu lui est mieux connu que son frère : beaucoup mieux connu, parce que plus présent ; mieux connu, parce que plus intérieur ; mieux connu, parce que plus certain. Embrasse le Dieu amour et tu embrasseras Dieu par amour.

C'est ce même amour qui associe tous les bons anges et tous les serviteurs de Dieu par le lien de la sainteté et qui nous unit mutuellement ensemble, eux et nous, en nous unissant à lui qui est au-dessus de nous. Plus nous sommes exempts de l'enflure de l'orgueil, plus nous sommes pleins d'amour. Et de quoi est-il plein, sinon de Dieu, celui qui est plein d'amour ?"
(La Trinité, VIII, VII, 11 - VIII, 12, BA 16, DDB, pp.63).

"Louez le Seigneur (Ps 148, 1) ! Mais louez-le de tout vous-mêmes, c'est-à-dire non seulement de la langue, mais de la voix, mais aussi de toute votre conscience, dans toute votre vie, dans tous vos actes. Nous louons Dieu dans l'Eglise, maintenant que nous y sommes assemblés ; et que chacun se retire chez soi, il semble dès lors interrompre cette louange.

Mais qu'il ne cesse de bien vivre, et il ne cesse de louer Dieu. Cesser de louer Dieu, c'est t'écarter de la justice, et de tout ce qui lui plaît. Si jamais tu ne t'éloignes du bien, la langue peut bien se taire, mais ta vie est un chant, et Dieu a l'oreille sur ton coeur.
De même, en effet, que notre oreille entend notre voix, de même l'oreille de Dieu entend nos pensées.

Or il est impossible que les actes d'un homme soient mauvais quand ses pensées sont saines. Car l'action vient de la pensée, et nul ne peut rien faire au-dehors ni mouvoir les membres de son corps, si la pensée ne l'a ordonné tout d'abord. Ainsi en est-il des ordres que donne l'empereur dans l'intérieur de son palais, et qui se répandent par tout l'Empire romain et s'accomplissent visiblement dans les provinces. Ainsi chaque homme a en soi-même un empereur qui siège dans son coeur.

S'il est bon, il ordonne le bien, et le bien se fait ; s'il est mauvais, il ordonne le mal, et c'est le mal qui se fait. Que le Christ y siège, et alors que pourra-t-il ordonner, sinon le bien ?"
(Augustin :Discours sur les Psaumes, 148, 2).

"Celui qui dit : Ne rabachez pas dans vos prières (Mt 6, 7), dit aussi : Demandez et vous recevrez (Mt 7, 7). Il veut que pour recevoir tu demandes, que pour trouver tu cherches, que pour entrer tu frappes. - Mais pourquoi donc, si notre Père sait ce qu'il nous faut, pourquoi demander ? pourquoi chercher ? pourquoi frapper ? à quoi bon nous fatiguer à prier, à chercher, à frapper pour instruire celui qui connaît nos besoins ?

Ailleurs encore nous relevons une parole analogue du Seigneur : Il faut toujours prier et ne jamais se lasser (Lc 18, 1). S'il faut prier toujours, pourquoi dit-il : Ne rabâchez pas ? Comment prier sans cesse et finir ma prière promptement ? D'un côté tu m'ordonnes de finir vite, de l'autre, de prier toujours et de ne jamais me lasser. Que signifie ce mystère ? - Pour le pénétrer, demande, cherche, frappe. Car s'il est couvert de voiles, ce n'est point pour te narguer, mais pour te stimuler.

Nous devons donc, frères, nous exciter à la prière, nous comme vous. Car nous n'avons qu'une espérance dans les maux innombrables du temps présent, celle de frapper par la prière, celle de croire et de graver dans nos coeurs la conviction que notre Père ne nous donne pas ce qu'il sait ne pas nous convenir. Ce que tu désires, tu le sais bien ; mais ce qui t'est profitable, lui seul le sait." (Augustin : Sermon 80 "De la prière", 2).

"Quant à toi, progresse avec l’Ecriture qui n’abandonne pas ta faiblesse et qui, maternellement, ralentit le pas pour marcher à ton rythme ; elle parle un langage qui, par sa sublimité, se rit des orgueilleux, par sa profondeur effraie ceux qui la scrutent, par sa vérité nourrit les grands, par son affabilité entretient les petits." (La Genèse au sens littéral, V, 3, 6)
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Message par jaimedieu le Ven 9 Jan 2015 - 5:31

Clément d'Alexandrie (150-220)


"Il n’y a, certes, qu’une route de la vérité, mais elle est comme un fleuve intarissable, vers lequel débouchent les autres cours d’eaux venus d’un peu partout, d’où ces paroles inspirées : Écoute, mon fils, et reçois mes paroles pour avoir beaucoup de chemins vers la vie. Je t’enseigne les voies de la sagesse pour que les sources ne te manquent pas (Pr 4, 10-11.21), les sources qui jaillissent toutes de la même terre. Et ce n’est pas seulement pour un seul juste qu’il dit qu’il y a plusieurs voies de salut, il ajoute qu’il y a pour des foules de justes, des foules d’autres routes ; il le fait entendre ainsi : Les sentiers des justes brillent comme la lumière (Pr 4, 18). Eh bien, les préceptes et les instructions préparatoires sont sans doute des routes, des mises en train de notre vie.

Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes enfants comme la poule ses poussins! (Mt 23, 37). Or, "Jérusalem" veut dire "vision de paix". Donc, le Seigneur nous indique en langage inspiré que ceux qui auront eu la vision de paix auront été préparés de cent façons à cette vocation. J’insiste ; il a "voulu" il n’a pas pu. Combien de fois ? où ? deux fois, par les prophètes et par sa venue. Donc l’expression "combien de fois" indique la sagesse multiforme qui, par tous les moyens de qualité et de quantité, sauve les âmes de toutes les manières, dans le temps et dans l’éternité, parce que l’esprit du Seigneur remplit la terre (Sg 1, 7)".
(Les Stromates I, 5, 29, 1-5 (SC 30, 1951, p. 66).


"Prions Dieu, non pas en des jours choisis, comme d'autres le font, mais continuellement pendant toute la vie et par tous les moyens. Ce n'est pas en un lieu déterminé, ni dans un sanctuaire choisi, ni non plus en des fêtes et des jours fixes, mais toute sa vie que le chrétien, en tout lieu, qu'il se trouve seul ou en compagnie de gens de même foi, honore Dieu, c'est-à-dire confesse sa gratitude pour la connaissance et son mode de vie.

Si la présence d'un homme de bien façonne celui qui le fréquente en l'améliorant sans cesse, par l'effet d'un sentiment de révérence et de respect, à plus forte raison celui qui est toujours en présence de Dieu par la connaissance, par la vie et par l'action de grâces, sans relâche, ne deviendra-t-il pas à chaque instant meilleur qu'il ne l'était à tous égards, dans ses oeuvres, ses paroles et ses dispositions ?
Passant donc notre vie entière comme une fête, convaincus que Dieu est présent absolument partout, nous cultivons les champs en célébrant des louanges, nous naviguons en chantant des hymnes, et nous nous conduisons dans toute notre vie selon les règles.

Quant au chrétien, il jouit d'une intimité plus étroite avec Dieu, à la fois sérieux et joyeux en toutes circonstances, sérieux parce qu'il est tourné vers le divin, joyeux parce qu'il fait le compte des biens propres à l'humanité dont Dieu nous fait le don.
(Stromates, III, 7, 35, 1-7, Sources chrétiennes n° 428, pp. 129-131)

"Il ne faut pas rejeter les biens susceptibles d’aider notre prochain. La nature des possessions est d’être possédées. Celle des biens est de répandre le bien et Dieu a destiné ces derniers au bien-être des hommes. Les biens sont entre nos mains comme des outils, des instruments dont on tire bon emploi si on sait les manier." (Clément d’Alexandrie, Homélie "Quel riche peut être sauvé ?).

"Dieu, je le sais bien, nous a donné la permission d'user des choses, mais dans les limites du nécessaire et il a voulu que cet usage soit commun à tous. Il est inconvenant qu'un seul jouisse quand beaucoup manquent. Combien plus glorieux est-il de répandre les bienfaits sur beaucoup, plutôt que de mener une vie de riche ! Combien plus intelligent de dépenser en faveur des hommes que pour des pierres précieuses et de l'or ! Combien plus utile que des ornements inanimés, de posséder des amis qui ornent votre vie ! Et à qui serait-il aussi profitable d'avoir des terres que de faire plaisir aux autres ?..." (Le Pédagogue, 1 II, 12)
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Message par jaimedieu le Sam 10 Jan 2015 - 4:27

Saint Colomban (v. 540-615)

"Si votre âme a soif de la source divine dont je désire maintenant vous parler, attisez cette soif et ne l'éteignez pas. Buvez, mais ne soyez pas rassasiés. Car la source vivante nous appelle et la fontaine de vie nous dit : Que celui qui a soif vienne à moi et qu'il boive." (Colomban : Instructions spirituelles, 13, 1).

"Qu'ils sont donc heureux, qu'ils sont dignes d'envie, les serviteurs que le Maître, à son retour, trouvera vigilants.Vigilance bienheureuse qui les tient éveillés pour la rencontre de Dieu, le Créateur de l'univers, dont la majesté emplit toutes choses et les dépasse toutes.
Et pour moi qui suis son serviteur, malgré mon indignité, Dieu veuille m'éveiller du sommeil de mon indolence. Qu'il fasse brûler en moi le feu de l'amour divin ; que la flamme de son amour monte plus haut que les étoiles ; que brûle sans cesse au-dedans de moi le désir de répondre à son infinie tendresse." (Instruction spirituelle, 12, 2)
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Message par jaimedieu le Dim 11 Jan 2015 - 4:51

Cyprien de Carthage (200-258)
(Extraits)

"Le Seigneur pensant à notre époque déclare dans son Évangile : Lorsque le Fils de l'homme reviendra, trouvera-t-il, croyez-vous, la foi sur la terre ? [Luc 18, 8]. Nous voyons se réaliser ce qu'il a prédit.

Crainte de Dieu, loi de la justice, amour, bienfaisance, on n'est plus fidèle en rien. Personne ne pense à la crainte de ce qui doit advenir, personne ne réfléchit au jour du Seigneur.

Réveillons-nous dans toute la mesure du possible, frères bien-aimés et, après avoir chassé le sommeil où nous tenait notre vieille indolence, restons éveillés pour observer et appliquer les prescriptions du Seigneur. Soyons conformes à ce qu'il nous a lui-même prescrit en ces termes : Que vos reins soient ceints et vos lampes allumées, soyez pareils à des gens qui attendent leur seigneur à son retour de noces pour lui ouvrir lorsqu'il viendra frapper à la porte. Bienheureux ces serviteurs qu'à son arrivée leur seigneur trouvera en train de veiller [Luc 12, 35-37]".

"Si nous nous adressons au Père avec la prière du Fils, apprise de lui, nous serons plus aisément entendus. Quelle autre prière peut être spirituelle sinon celle que le Christ nous a donnée, car c'est grâce à lui que nous avons reçu l'Esprit ? Quelle prière vraie en présence du Père, sinon celle que le Fils, qui est la vérité, a proférée ?

[...] Prions donc, frères, bien-aimés, comme Dieu, notre maître nous l'a enseigné. Implorer Dieu, avec les paroles qui viennent de lui est une prière qui lui est bienvenue et familière. Que le Père reconnaisse la voix de son Fils quand nous lui adressons notre demande. Que celui qui habite notre coeur soit également notre voix ! Il est auprès du Père notre avocat, pour nos péchés, quand, pécheurs, nous lui demandons le pardon de nos fautes. Utilisons les mots mêmes de notre avocat, car il a dit : "Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l'accordera (Jean 16, 23). Combien plus efficace encore sera notre prière au nom du Christ, si nous prions avec sa propre prière !"

"Jusqu’où va la bienveillance du Seigneur, jusqu’où s’étend l’abondance de sa complaisance et de sa bonté, pour qu’il ait voulu que nous prononcions sous le regard de Dieu une prière qui nous fait donner à Dieu le nom de père, et que, comme le Christ est fils de Dieu, nous aussi nous soyons appelés fils de Dieu !".

"Vous craignez que votre revenu ne vienne à manquer si vous secourez généreusement les pauvres. Mais ne savez-vous pas, misérables, que tandis que vous craignez que vos biens ne vous manquent, votre santé et votre vie peuvent être en péril ? Vous vous préoccupez de ce que vos richesses ne diminuent pas, sans prendre garde que vous vous diminuez vous-mêmes en aimant plus l’argent que votre âme... "
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Message par jaimedieu le Lun 12 Jan 2015 - 4:36

Dorothée de Gaza (début du 6e siècle)

"Plus on est uni au prochain, plus on est uni à Dieu. Pour que vous compreniez le sens de cette parole, je vais vous donner une image tirée des Pères. Supposez un cercle tracé sur la terre, c’est-à-dire une ligne tirée en rond avec un compas et un centre. On appelle précisément centre le milieu du cercle. Appliquez votre esprit à ce que je vous dis. Imaginez que ce cercle, c’est le monde ; le centre, Dieu ; et les rayons, les différentes voies ou manières de vivre des hommes.

Quand les saints, désirant approcher de Dieu, marchent vers le milieu du cercle, dans la mesure où ils pénètrent à l’intérieur, ils se rapprochent les uns des autres en même temps que de Dieu. Plus ils s’approchent de Dieu, plus ils se rapprochent les uns des autres, et plus ils se rapprochent les uns des autres, plus ils s’approchent de Dieu.

Et vous comprenez qu’il en est de même en sens inverse, quand on se détourne de Dieu pour se retirer vers l’extérieur : il est évident alors que, plus on s’éloigne de Dieu, plus on s’éloigne les uns des autres, et que plus on s’éloigne les uns des autres, plus on s’éloigne aussi de Dieu. Telle est la nature de la charité." (Dorothée de Gaza : Instructions diverses de notre saint Père Dorothée à ses disciples VI, 77-78, in Œuvres spirituelles ; SC 92, Cerf, Paris, 2001, pp. 285-287).

"Celui qui s'accuse soi-même, quelle joie, quel repos il possède, partout où il va ! Qu'une peine, qu'un outrage, qu'une épreuve quelconque lui survienne, il juge d'avance qu'il en est digne et il n'est jamais troublé. Y a-t-il un état qui soit davantage exempt de soucis ?
Mais, dira-t-on, si un frère me tourmente, et qu'en m'examinant je constate que je ne lui en ai fourni aucun prétexte, comment pourrai-je m'accuser moi-même ?
En fait, si quelqu'un s'examine avec crainte de Dieu, il découvrira qu'il a certainement donné un motif de reproche par une action, une parole, ou une attitude. Et s'il voit qu'en rien de tout cela il n'a, soi-disant, donné aucun motif d'hostilité pour le présent, c'est vraisemblablement qu'il a tourmenté ce frère une autre fois, pour le même sujet ou pour un autre, ou bien encore parce qu'il a tourmenté une autre fois un autre frère.

Et c'est pour cela, parfois même pour une autre faute, qu'il devait souffrir ainsi. Il arrive aussi qu'un frère, se croyant installé dans la paix et la tranquillité, lorsqu'on lui dit une parole pénible, soit plongé dans le trouble. Et il juge qu'il a raison de s'affliger, se disant en lui-même : "S'il n'était pas venu me parler et me troubler, je n'aurais pas péché."
C'est une illusion, c'est un faux raisonnement. Celui qui lui a dit cette parole, y a-t-il introduit la passion? Il lui a révélé la passion qui était en lui, afin qu'il s'en repente, s'il le veut. Ainsi, ce frère était pareil à un pain de pur froment, d'apparence brillante, mais qui, une fois rompu, ferait voir sa corruption.

Il était installé dans la paix, croyait-il, mais il avait au-dedans de lui une passion qu'il ignorait. Qu'un frère lui dise une seule parole, et aussitôt a jailli la corruption qui était cachée en lui. S'il veut obtenir miséricorde, qu'il se repente, qu'il se purifie, qu'il progresse, et il verra qu'il devra plutôt remercier son frère d'avoir été pour lui la cause d'un tel profit.

En effet, les épreuves ne l'accableront plus autant. Plus il progressera, plus elles lui paraîtront légères. A mesure en effet que l'âme progresse, elle se fortifie et devient capable de supporter tout ce qui lui arrive." (Instruction spirituelle, Office romain des lectures, Livre des jours, Le Cerf, Desclée de Brouwer, Mame, 1976, pp. 688-689).
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Message par jaimedieu le Mar 13 Jan 2015 - 6:04

Hilaire de Poitiers (extraits)

"Nombreux sont les chemins du Seigneur, bien qu'il soit lui-même le chemin. Mais lorsqu'il parle de lui-même, il se nomme le chemin et il en montre la raison lorsqu'il dit : Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Il faut donc interroger beaucoup de chemins et nous devons en fouler beaucoup pour trouver le seul qui soit bon ; c'est-à-dire que nous trouverons l'unique chemin de la vie éternelle en traversant la doctrine de chemins nombreux.

Car il y a des chemins dans la Loi, des chemins chez les prophètes, des chemins dans les évangiles, des chemins chez les Apôtres ; il y a aussi des chemins dans toutes les actions qui accomplissent les commandements, et c'est en les prenant que ceux qui marchent dans la crainte de Dieu trouvent le bonheur." (Commentaire sur le Psaume 127, 3).

"Le Seigneur dit : C'est ici mon repos à tout jamais et il choisit Sion pour le lieu de sa demeure. Mais Sion et son temple sont détruits. Où se tiendra le trône éternel de Dieu ? Où son repos à tout jamais ? Où sera son temple pour qu'il y habite ?

L'Apôtre nous répond : le temple de Dieu, c'est vous ; en vous habite l'Esprit de Dieu. Voilà la maison et le temple de Dieu [...] Mais cette demeure, c'est Dieu qui l'édifie. Construite de main d'homme, elle ne durerait pas, ni même si elle était fondée sur les doctrines humaines. Nos vains labeurs et nos inquiétudes ne suffisent pas à la protéger. Le Seigneur s'y prend bien autrement : il ne l'a pas fondée sur la terre ni sur les sables mouvants, mais elle repose sur les Prophètes et les Apôtres ; elle se construit sans cesse de pierres vivantes. Elle se développera jusqu'aux ultimes dimensions du corps du Christ. Sans cesse son édification se poursuit..." (Traité sur le Psaume 64)

"Quelle est en nous l’action de l’Esprit ? Écoutons les paroles du Seigneur lui-même : "J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant. Il vous est bon que je m’en aille, car si je m’en vais, je vous enverrai un avocat." Il dit encore : "Je prierai le Père et il vous enverra l’Avocat pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de vérité qui vous conduira à la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu’il entendra, il vous le dira, et il vous annoncera les choses à venir."

En ces mots nous sont révélés la volonté du donateur, ainsi que la nature et le rôle de celui qu’il nous donne. Car notre infirmité n’étant capable de connaître ni le Père ni le Fils, et difficile notre Foi en l’Incarnation de Dieu, le don de l’Esprit nous illumine, se faisant notre allié par son intercession?" (De Trinitate, XXXIII).

"Qui s'appuie sur le Seigneur ressemble au mont Sion, il ne chancelle pas, il est stable à jamais. Suivons l'Apôtre, suivons l'Évangile, suivons le Prophète. Appuyons-nous sur le Seigneur pour devenir conformes à son corps de gloire. Habitons maintenant l'Église, la Jérusalem de gloire. Habitons maintenant l'Église, la Jérusalem du ciel, afin d'être stables à jamais.

Nous avons appris que cette maison doit être désirée et qu'elle est aimée par beaucoup ; l'Écriture dit en effet : "Une chose qu'au Seigneur je demande, la chose que je cherche, c'est d'habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie." Allons dans la maison du Seigneur. Là est notre joie, là notre allégresse, car on nous a dit : allons dans la maison du Seigneur, Jérusalem, bâtie comme une ville, jusqu'à ce qu'y entre - comme dit l'Apôtre - la plénitude des gentils, et alors le reste d'Israël sera sauvé. Alors nous serons la cité de Dieu, la sainte Jérusalem où tout ensemble fait corps, par l'unité de la foi, par la communion de l'amour, par la concorde du vouloir et des oeuvres, par le don d'un sacrement unique en tous, selon ce qui est écrit : ils avaient un seul coeur et une seule âme dans le Seigneur."(Traité sur le Psaume 64).

Qu'il est bon, qu'il est joyeux pour des frères d'habiter ensemble ! Il est bon et joyeux pour des frères d'habiter ensemble parce qu'en habitant le même lieu, ils forment un groupement d'Églises ; on les appelle frères, parce qu'ils sont d'accord par la charité qui leur donne un seul vouloir.

Nous savons que ce grand précepte s'est réalisé au début de la prédication des Apôtres, puisque nous pouvons lire : Tous ceux qui avaient adhéré à la foi avaient un seul coeur et une seule âme. Ainsi convenait-il au peuple de Dieu d'être des frères ayant un seul Père, de ne faire qu'un par un seul Esprit, de vivre unanimes dans une seule maison, d'être les membres d'un seul corps." (Commentaire sur le Psaume 132)

Le fleuve de Dieu regorge d'eau, c'est ainsi que tu apprêtes leur nourriture. Il n'y a pas de doute à avoir sur ce fleuve, car le Prophète dit aussi : L'élan du fleuve réjouit la cité de Dieu. Et le Seigneur lui-même dit, dans les Évangiles : Celui qui boit de l'eau que je lui donnerai, des fleuves d'eau vive couleront de son coeur, jaillissant en vie éternelle. Et encore : Celui qui croit en moi, comme dit l'Écriture, des fleuves d'eau vive jailliront de son coeur.

Jésus disait cela de l'Esprit Saint que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. Donc, ce fleuve de Dieu regorge d'eau. Car nous sommes inondés par les dons de l'Esprit Saint, et le fleuve de Dieu, regorgeant d'eau, se déverse en nous à partir de cette source de vie." (Comment. sur le Ps 64, 14-15)

"J'en ai conscience Père, Dieu tout-puissant : c'est à toi que je dois consacrer l'occupation principale de ma vie. Que toutes mes paroles et mes pensées s'entretiennent de toi." (Prière d'Hilaire de Poitiers au commencement du Traité sur la Trinité).

"Le ciel tout entier tient dans le paume de Dieu et la terre toute entière est enclose dans son poing. Or la parole de Dieu fait bien sûr toujours profit à l'intelligence d'un esprit religieux ; cependant elle contient encore plus de sens lorsqu'on l'examine au-dedans par la pensée qu'au moment où on la reçoit au dehors par l'ouïe .

De fait, le ciel enclos dans la paume de Dieu est en même temps son trône et la même terre qui tient dans son poing est l'escabeau de ses pieds. Cela ne permet pas de concevoir, sur le trône et l'escabeau, une apparence corporelle s'étalant dans l'attitude de quelqu'un d'assis, puisque ce qui est pour elle trône et escabeau, cette infinité puissante le prend dans sa paume et l'enclot en son poing. Mais grâce à cela, on saurait que Dieu, au-dedans et au dehors, est toujours présent à l'origine des créatures, qu'il est à la fois transcendant et immanent, c'est-à-dire répandu autour de toutes choses et en elles.

Tenir dans la paume et le poing manifesterait donc l'être puissant sur la nature extérieure ; le trône et l'escabeau montreraient les êtres extérieurs à lui subordonnés comme à l'être intérieur. Ces êtres extérieurs à lui, au-dedans desquels il réside, voici qu'à l'inverse, extérieur à eux, ce même Être les enclot, intérieurs à lui. C'est ainsi qu'il tient tout entier toutes choses et du dedans et du dehors : infini qu'il est, il n'est rien dont il soit absent et rien non plus qui ne soit en lui, qui est infini. (La Trinité 1, 6)
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Message par jaimedieu le Mer 14 Jan 2015 - 5:56

Saint Ephrem le syriaque (306-373)

"[Eve] était la vigne dont la mort avait ouvert la clôture, [...]. Ainsi Eve, la mère de tous les vivants, était-elle devenue source de mort pour tous les vivants.

Mais un surgeon a levé : Marie, la vigne nouvelle, a remplacé Eve, la vigne antique. Le Christ, la Vie nouvelle, a fait en elle sa demeure. Ainsi, lorsque la mort conduisant son troupeau viendrait comme d’habitude, sans méfiance, avec ses fruits mortels, la Vie qui détruit la mort serait cachée dans la Vigne nouvelle. Et lui, lorsque la mort l’eut englouti, sans rien craindre, il délivra la vie, et avec elle la multitude des hommes." (Homélie de St Ephrem sur notre Seigneur, 3-4.9 in Livre des Jours, pp. 385 sq).

"Comme les Juifs le mettaient en accusation parce qu'il avait guéri un jour de sabbat, Jésus ne s'est pas excusé en disant : Je n'ai pas transgressé la loi, mais : Je l'ai transgressée, comme le Père qui est dans les cieux. Car mon Père travaille, et moi aussi je travaille [Jn 5, 17].
En effet, les créatures : anges, luminaires, rosée, pluie, sources et fleuves fonctionnent le jour du sabbat ; car les anges ne reçoivent pas interdiction d'accomplir leur ministère le jour du sabbat, ni les cieux de donner la rosée et la pluie, ni les luminaires de poursuivre leur course, ni la terre de donner des fruits, ni les hommes de respirer et de donner des fils au monde, mais on met au monde le jour du sabbat sans qu'il y ait un précepte qui le défende, et on circoncit le huitième jour, en laissant de côté la loi ; et il en est ainsi pour d'innombrables choses.
Si les créatures ont cette liberté, combien plus le Créateur ? Aussi le Fils de l'homme est maître du sabbat [Mt 12, 8]." (Ephrem de Nisibe : Commentaire sur l'Évangile concordant ou Diatessron XIII, 3-4)

"Notre Seigneur se présenta silencieux devant Pilate pour la défense de la vérité outragée. D’autres remportent la victoire par des apologies, mais notre Seigneur la remporta par son silence, parce que la récompense due au silence divin, c’était la victoire de la vraie doctrine. Il parlait pour enseigner, et il se tut au tribunal. Il ne tut pas ce qui nous exaltait, et il ne lutta pas contre ceux qui l’irritaient.

Les paroles de ses calomniateurs faisaient comme une couronne à sa tête. Il se tut afin que son silence les fit hurler plus fort encore, et que toutes ces vociférations embellissent sa couronne. S’il avait parlé, ses paroles de vérité auraient imposé silence à ces connivences qui s’appliquaient à tresser sa couronne…"
(Commentaire de l’Évangile concordant ou Diatessaron, XX, 16, SC 121).

"Qui donc est capable de comprendre toute la richesse d'une seule de tes paroles, Seigneur ? Ce que nous en comprenons est bien moindre que ce que nous en laissons, comme des gens assoiffés qui boivent à une source. Les perspectives de ta parole sont nombreuses, comme sont nombreuses les orientations de ceux qui l'étudient.

Le Seigneur a coloré sa parole de multiples beautés, pour que chacun de ceux qui la scrutent puisse contempler ce qu'il aime. Et dans sa parole il a caché tous les trésors, pour que chacun de nous trouve une richesse dans ce qu'il médite." (Diatessaron, 1, 18-19, Sources chrétiennes, 121).

"La parole de Dieu est un arbre de vie qui, de tous côtés, te présente des fruits bénis ; elle est comme ce rocher qui s'est ouvert dans le désert pour offrir à tous les hommes une boisson spirituelle. Selon l'Apôtre, ils ont mangé un aliment spirituel, ils ont bu à une source spirituelle." (Diatessaron, 1, 18-19)

"Tourne-moi vers ton enseignement
Car j'ai cherché à me détourner
Et j'ai vu que je m'appauvrissais,
Car l'âme n'est riche que dans le commerce avec toi.
Gloire à ta méditation !
Toujours, quand j'ai médité sur toi
J'ai reçu de toi un trésor
Et là où je t'ai contemplé
Une source a coulé de toi
Et j'ai puisé tant que j'ai pu.
Gloire à ta source !
Elle est cachée, ô mon Seigneur, ta source,
A qui n'a pas soif de toi,
Et vide, la salle de ton trésor,
Pour qui te hait :
La charité est le trésorier.
De ton trésor céleste.
Quand je m'éloigne de ta compagnie,
Ta beauté excite mon désir,
Et quand j'accompagne ta Majesté,
Ta gloire me remplit de crainte :
Que je m'éloigne ou que j'approche,
Je suis le vaincu, de toutes façons.
[...]
J'ai médité, et j'ai parlé de toi,
Non que je t'aie compris ;
Puis j'ai succombé, et je me suis tu à nouveau,
Non que je t'aie perdu.
Je me suis perdu en toi, et je suis resté sans voix :
Gloire à toi, Être caché."
(Hymne de la foi 32, 1-6)
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Message par jaimedieu le Jeu 15 Jan 2015 - 5:17

Épiphane de Salamine (v. 315-403)

"Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel.

Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend." (Épiphane : Homélie sur l’ensevelissement du Christ).
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Message par jaimedieu le Ven 16 Jan 2015 - 6:31

Eucher de Lyon (Ve siècle)

"Le désert est le temple sans bornes de notre Dieu ; car celui qui habite dans le silence doit certainement se plaire dans les lieux retirés. C'est là que souvent il s'est manifesté à ses saints, c'est à la faveur de la solitude qu'il a daigné rencontrer les hommes. C'est dans le désert que Moïse, la face inondée de lumière, voit Dieu [Ex 3].

Quelqu'un, dit-on demandait à un autre quel était à son avis, le séjour de Dieu ; celui-ci le pria de vouloir bien le suivre au lieu où il le mènerait. Alors il le conduisit dans la profondeur d'un vaste désert, et lui montrant l'immensité de la solitude : Voilà, dit-il, où est Dieu.

Le peuple de Dieu, quand il doit être libéré d'Égypte et délivré des oeuvres terrestres, ne gagne-t-il pas des lieux écartés, ne se réfugie-t-il pas dans les solitudes ? Oui, c'est dans le désert qu'il va approcher ce Dieu qui l'a arraché à la servitude. Et le Seigneur se faisait le chef de son peuple, en guidant ses pas à travers le désert. Sur la route, de jour et de nuit, il déployait une colonne, flamme ardente ou nuée rayonnante, signe venu du ciel [Ex 40, 36-38].

Faut-il ajouter qu'ils ne parvinrent à la Terre de leurs désirs qu'après avoir séjourné au désert ? Qu'il soit l'hôte du désert, celui qui veut devenir le citoyen des cieux !" (Eucher de Lyon : Eloge du désert, 3-4, 8)
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Message par jaimedieu le Sam 17 Jan 2015 - 4:56

Eusèbe de Césarée (265-339)

"Beaucoup d'autres encore, en plus de ceux-ci, étaient célèbres à cette époque et possédaient le premier rang de la succession des Apôtres. Disciples remarquables de ces hommes, ils édifiaient des Églises sur les fondements que les Apôtres avaient commencé d'établir partout. Ils développaient de plus en plus la prédication. Ils semaient les semences salutaires du royaume des cieux sur toute l'étendue de la terre habitée.

En effet, un très grand nombre de disciples ont été alors marqués dans leur esprit, par le Verbe de Dieu, d'un très vif amour de la sagesse. D'abord ils accomplissaient le conseil du Seigneur en distribuant leurs biens aux pauvres. Puis ils quittaient leur pays pour accomplir leur fonction d'évangéliste, voulant prêcher, à ceux qui ne l'avaient pas encore entendu, la parole de la foi, et transmettre les Écritures et la bonne nouvelle divine.

Ils déposaient seulement les fondements de la foi dans des pays étrangers, et y établissaient d'autres pasteurs auxquels ils confiaient le soin d'élever ceux qu'ils venaient d'introduire dans l'Église. Cela fait, ils repartaient vers d'autres peuples dans d'autres contrées, soutenus par la grâce et le secours de Dieu. Car les puissances multiples et merveilleuses de l'Esprit divin agissaient encore par eux en ce temps-là. C'est pourquoi, dès la première audition, les foules, comme un seul homme recevaient dans leurs âmes la piété envers le créateur de toutes choses.

Mais il nous est impossible de citer par leurs noms tous ceux qui, lors de la première succession des Apôtres , devinrent les pasteurs et les évangélistes des Églises du monde. Nous retiendrons seulement le souvenir de ceux dont les ouvrages ont transmis jusqu'à nous la tradition de l'enseignement des Apôtres.

Tels sont, en particulier, Ignace (d'Antioche) et Clément, dans la lettre, reçue de tous, qu'il adressa au nom de l'Église des Romains à celle des Corinthiens..." (Eusèbe de Césarée, Histoire Ecclésiastique, III, 37-38,1)
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Message par jaimedieu le Dim 18 Jan 2015 - 6:14

Guerric d'Igny (1070-1157)

"... lorsque tu invites Jésus, prends garde à ne pas inviter le Dieu de Majesté dans une hôtellerie sordide et indigne, où tu ne peux toi-même habiter dans le calme à cause d'une épouse acariâtre, ou de la fumée, ou de la pluie qui pénètre [Prov. 19, 13 ; 27, 15]. Sa demeure ne peut être ailleurs que dans la paix [Ps 75, 3], et seuls la justice et le jugement lui préparent un trône [Ps 88, 15]. "Voici, est-il écrit, qu'ils me cherchent de jour en jour et veulent connaître mes voies, comme une nation qui aurait pratiqué la justice et n'aurait pas abandonné le droit de son Dieu." [Is 58, 2]

"La justice et le droit, est-il encore écrit, lui préparent un trône." Ne cherche pas à t'excuser, disant qu'il est trop coûteux et trop au-dessus des ressources de ta pauvreté de préparer une demeure à un hôte si noble et si puissant. Tu as sous la main ce qu'il te faut pour cela. Je ne dirai rien qui dépasse les forces humaines, en raison de l'infirmité de ta chair [Rm 6, 19], ou plutôt de l'étroitesse de ton esprit. Fais des aveux complets pour le passé, et aie bonne volonté pour l'avenir, puisque la paix est promise aux hommes de bonne volonté [Lc 2, 14] ; et par ce jugement et cette justice, tu auras préparé un trône au Très-Haut."
(Sermon pour l'Avent, III, 4).

"Combien misérable, combien stupide et sot, mieux encore, combien hostile et nuisible à soi-même, l'animal qui se laisse frustrer de ce jour qui est bon et laisse échapper une parcelle du don qui est bon ! Par là, il se rend étranger à la grâce céleste qui lui est proposée, et laisse passer, le coeur triste et à jeun, le jour de la réfection et de la joie parfaite.

C'est comme si la plénitude surabondante du temps n'était pas encore venue, comme si le pain céleste n'avait pas encore empli les crèches des simples et des humbles. La Sagesse vise un tel homme, hostile et nuisible à soi-même, ingrat et insolent vis-à-vis de Dieu, lorsqu'elle dit : "L'oeil mauvais se tourne vers le mal et ne sera pas rassasié de pain. Il restera affamé et triste devant sa table" [Siracide 14, 10]. Pourquoi son âme ne sera-t-elle pas rassasiée de pain ? Parce que son oeil se tourne vers le mal. Et son oeil ne se retournera pas non plus pour voir le bien, pour contempler avec piété et avec foi les mets qui lui sont servis à la large table du riche.

"Funeste en effet, est-il écrit, l'oeil de l'envieux : il détourne sa face et méprise son âme." [Sir. 14, 8].
N'en doutons pas, mes frères, si nous ne détournons pas notre face de la contemplation de celui qui gît dans la crèche, nous pouvons, par le seul regard, être bienheureusement nourris, et nous dirons : "Le Seigneur me nourrit et rien ne me manquera ; il m'a placé ici dans un vrai pâturage" [Ps 22, 1-2]. Alors nous saurons clairement qu'est venue la toute désirable plénitude du temps auquel Dieu a envoyé son Fils, grâce à qui nous sommes déjà remplis d'une telle plénitude de biens..." (4e Sermon pour la Nativité, 5).

"... si tu as préparé au Seigneur une voie immaculée, il daignera souvent y poser ses pas et allongera tes propres pas, pour que, le coeur dilaté, tu coures dans la voie des commandements, dont tu te plaignais peut-être de trouver étroite l'entrée. C'est que la Sagesse, selon son propre témoignage, se promène sur les sentiers de la justice ; et "qui se saisit de la justice, la trouvera, et elle viendra à sa rencontre comme une mère très honorée" [Sir 15, 1-2]. Elle s'en va partout à la recherche de ceux qui sont dignes d'elle, et "sur ses sentiers elle leur montre un visage joyeux, allant au-devant d'eux en toute prudence." [Sag 6, 17]. Si tu as à te plaindre de ce qu'elle ne vient à toi que rarement ou jamais, examine si tu n'aurais pas corrompu ta voie..." (Sermons pour l'Avent, III, 3).

« ... puisqu’il ne faut pas que le délai imposé à l’espérance attiédisse notre foi ou rende inquiète notre patience, et que nous devenions alors semblables à ceux qui croient pour un temps et qui se retirent au moment de la tentation, voilà ce que nous crie du haut du ciel celui qui donne la foi, puis l’ayant donnée, l’éprouve, et enfin, l’ayant éprouvée, la couronne : "Que celui qui croira ne soit pas pressé" [Is 28, 16], à savoir : de contempler l’objet de sa foi. En effet, si nous espérons une chose que nous ne voyons pas encore, nous l’attendons avec patience. [...] Oui, attendre vraiment le Seigneur, c’est lui conserver notre foi, et quoique privés de la consolation de sa présence, ne pas suivre le séducteur, mais demeurer suspendu à son retour."
(Sermons pour l’Avent, I, 3 ; SC 166, p. 99).

"... Sois prêt; véritable Israël, à aller à la rencontre du Seigneur ! Non seulement sois prêt à lui ouvrir lorsqu'il sera là et frappera à la porte, mais encore va-t'en allègrement et joyeusement à sa rencontre tandis qu'il est encore loin, et ayant pour ainsi dire pleine confiance pour le jour du jugement, prie de tout coeur pour que son règne vienne. Si donc tu veux alors être trouvé prêt, prépare-toi avant le jugement une justice comme le conseille le Sage. Sois donc prêt à accomplir toute bonne oeuvre [Tite 3, 1], et ne le sois pas moins à endurer tous les maux, afin que ta bouche puisse chanter, sans que ton coeur le démente : "Mon coeur est prêt, ô Dieu, mon coeur est prêt !" Prêt avec ton secours à accomplir toute justice, et prêt à supporter toute injustice ; si bien prêt aux deux, que je chanterai et que je psalmodierai dans ma gloire [Ps 107, 2], c'est-à-dire que pour l'un et l'autre je me répandrai en louange et me glorifierai." (Sermons pour l'Avent, III, 2 ; SC 166, pp. 123-125)

"Si donc tu t’es enfui au loin et t’es fixé au désert [Ps 54, 8], restes-y, et attends là celui qui te sauvera de la pusillanimité d’esprit et de la tempête [Ps 54, 9]. Quelles que soient les guerres qui fondront sur toi en tempête, quelle que soit la pénurie dont tu auras à souffrir au désert, même en fait de nourriture, ne retourne pas en Égypte par la pensée, cédant à la pusillanimité d’esprit. Le désert te nourrira mieux avec la manne, je veux dire avec le pain des anges, que l’Égypte avec des marmites pleines de viande [Ex 16, 3-4]. Au désert, Jésus, lui, jeûna ; mais quant à la multitude qui le suivait dans la solitude, il l’y a nourrie plusieurs fois et d’une façon merveilleuse [Mt 4, 1-2 ; 14, 13-21 ; 15, 32-38].

Plus souvent et plus merveilleusement encore, il t’y rassasiera, toi qui l’y as suivi avec d’autant plus de mérite que ton propos était plus saint. Au moment où tu croiras qu’il t’a depuis longtemps abandonné, lui, n’oubliant pas sa bonté, te consolera et te dira : «Je me suis souvenu de toi, ému de pitié au souvenir de ta jeunesse et de l’amour de tes fiançailles, quand tu m’as suivi au désert [Jér 2, 2]. » Alors, en vérité, il fera de ton désert un paradis de délices [Is 51, 3] [...] ainsi tout passage de l’Écriture qui auparavant te paraissait stérile et aride regorgera soudain, à la bénédiction de Dieu, d’une étonnante abondance de richesse spirituelle." (IVe Sermon pour l’Avent, 1, SC n° 166, pp. 135-137).

"Même si le temps paraît long à celui que la peine ou l’amour oppressent, c’est vrai qu’il est court. Il vient, il vient le Seigneur ; notre crainte et notre désir, le repos et la récompense de ceux qui peinent, la douceur et la satiété de ceux qui l’aiment." (Sermon I pour l’Avent, 4).

""Voici que vient le Roi, accourons tous au-devant du Sauveur." A celui qui annonce sa venue, à celui qui apporte les eaux qu’il a puisées dans la joie aux sources du Sauveur, qu’il soit Isaïe ou un autre Prophète, nous répondons avec les mots d’Élisabeth, car c’est du même Esprit que nous sommes abreuvés: "D’où vient que mon Seigneur vienne à moi? Voici, en effet, qu’à peine ton salut eût frappé mes oreilles, mon esprit a tressailli en mon cœur, bondissant de joie au-devant de Dieu son Sauveur."

Et c’est vrai, frères, qu’il faut courir dans l’exultation de nos esprits au-devant du Christ qui vient. Que le voyant venir de loin, nous l’adorions le saluions et l’acclamions en disant : "Salut, toi qui viens nous sauver, béni sois-tu, toi qui viens nous bénir. Viens Seigneur, sauve-moi et je serai sauvé, montre ta face et nous serons sauvés. Nous t’avons espéré, sois notre bras et notre salut durant le temps d’épreuve."" (Sermon II, 1 pour l’Avent).

"Préparez le chemin du Seigneur. Le chemin du Seigneur, frères, qu'il nous est demandé de préparer se prépare en marchant. On y marche dans la mesure où on le prépare. Même si vous vous êtes beaucoup avancés sur ce chemin, il vous reste toujours à le préparer, afin que, du point où vous êtes parvenus, vous soyez toujours tendus au-delà. Voilà comment, à chaque pas que vous faites, le Seigneur à qui vous préparez les voies vient au-devant de vous, toujours nouveau, toujours plus grand.

Aussi est-ce avec raison que le juste prie ainsi : Enseigne-moi le chemin de tes volontés et je le chercherai toujours. On donne à ce chemin le nom de vie éternelle, peut-être parce que bien que la providence ait examiné le chemin de chacun et lui ait fixé un terme jusqu'où il puisse aller, cependant la bonté de celui vers lequel vous vous avancez n'a pas de terme." (Guerric d'Igny : Sermon V pour l'Avent, 1)

"Et toi Seigneur, tu nous as préparé un chemin, si seulement nous consentons à nous y engager. Tu nous as enseigné le chemin de tes volontés en disant: Voici le chemin, suivez-le sans vous égarer à droite ou à gauche. C'est le chemin que le Prophète avait promis : "Il y aura une route droite et les insensés ne s'y égareront pas." J'ai été jeune, maintenant je suis vieux et, si j'ai bonne mémoire, je n'ai jamais vu d'insensés sur ton chemin, Seigneur, c'est tout juste si j'ai vu quelques sages qui aient pu le suivre tout au long.

Malheur à vous qui êtes sages à vos yeux et qui vous dites prudents, votre sagesse vous a éloignés du chemin du salut et ne vous a pas permis de suivre la folie du Sauveur." (Sermon V pour l'Avent)

"De même qu'ils [les mages] commencèrent par la vision de l'étoile, progressèrent jusqu'à celle de l'enfant, puis parvinrent à celle de Dieu, ainsi notre foi naît de la prédication des luminaires célestes, se fortifie à la vue de certaines images qui nous montrent dans un miroir et en énigme [1 Co 13, 12]

Dieu comme incarné, et parviendra à sa consommation quand les réalités véritables, présentes et dévoilées, seront vues par ceux qui contempleront face à face ce que l'on n'atteint maintenant que d'une manière peu distincte, fugitive, en énigme ; quand la foi elle-même se changera en connaissance, l'espérance en possession, le désir en jouissance." (IIe Sermon pour l'Épiphanie, 5).

"On peut constater [...] que le Verbe de Dieu s’est fait pour nous non seulement visible et palpable, mais encore perceptible au goût et à l’odorat. [Ps 33, 9, Cant. 4, 11]. C’est ainsi par toutes les portes des sens qu’il s’est frayé un accès jusqu’à notre âme : de même que la mort avait pénétré par les sens, la vie à son tour revenait à travers eux. Si donc le Verbe s’est fait chair, c’est pour nous, qui tout entiers sommes chair, que cela s’est fait : pour que nous, qui auparavant ne pouvions qu’entendre le Verbe de Dieu, nous puissions le voir maintenant fait chair, le goûter, et faire appel à tous nos sens pour confirmer le témoignage de l’ouïe. De la sorte, c’est d’un commun accord et d’une seule voix que tous nos sens peuvent proclamer : « Ce que nous avons entendu, nous l’avons vu. » [Ps 47, 9]." (Ve Sermon pour la Nativité, 1, p. 225)

"Frères, "ayez la paix entre vous", nous commande le Maître pacifique et doux ; mais il précise auparavant: "Ayez du sel en vous" (Mc 9, 49). Il sait en effet que la douceur de la paix est la nourrice des vices si la rigueur du zèle ne les a pas auparavant saupoudrés du piquant du sel. Ainsi en est-il pour les viandes, qu’un temps clément fait grouiller de vers si le feu du sel ne les a pas desséchées. Ayez donc la paix entre vous, mais une paix qui soit assaisonnée du sel de la sagesse. Recherchez la douceur, mais une douceur qui brûle du zèle de la foi." (4e Sermon sur St Benoît, 2)
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Message par jaimedieu le Lun 19 Jan 2015 - 16:46

Germain de Constantinople (mort en 733)

"Adam où es-tu ? crie à nouveau le Christ en croix. Je suis venu là à ta recherche et, pour pouvoir te trouver, j’ai tendu les mains sur la croix. Les mains tendues, je me tourne vers le Père pour rendre grâces de t’avoir trouvé, puis je les tourne aussi vers toi pour t’embrasser. Je ne suis pas venu pour juger ton péché, mais pour te sauver par mon amour des hommes, je ne suis pas venu te maudire pour ta désobéissance, mais te bénir par mon obéissance. Je te couvrirai de mes ailes, tu trouveras à mon ombre un refuge. Ma fidélité te couvrira du bouclier de la croix et tu ne craindras pas la terreur des nuits car tu connaîtras le jour sans déclin. Je chercherai ta vie, cachée dans les ténèbres et à l’ombre de la mort, je n’aurai de repos, jusqu’à ce qu’humilié et descendu jusqu’aux enfers pour t’y chercher, je t’aie reconduit dans le ciel.".
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Message par jaimedieu le Mar 20 Jan 2015 - 6:36

Hilaire de Poitiers (315-367)

"Nombreux sont les chemins du Seigneur, bien qu'il soit lui-même le chemin. Mais lorsqu'il parle de lui-même, il se nomme le chemin et il en montre la raison lorsqu'il dit : Personne ne va vers le Père sans passer par moi. Il faut donc interroger beaucoup de chemins et nous devons en fouler beaucoup pour trouver le seul qui soit bon ; c'est-à-dire que nous trouverons l'unique chemin de la vie éternelle en traversant la doctrine de chemins nombreux.

Car il y a des chemins dans la Loi, des chemins chez les prophètes, des chemins dans les évangiles, des chemins chez les Apôtres ; il y a aussi des chemins dans toutes les actions qui accomplissent les commandements, et c'est en les prenant que ceux qui marchent dans la crainte de Dieu trouvent le bonheur." (Commentaire sur le Psaume 127, 3).

"Le Seigneur dit : C'est ici mon repos à tout jamais et il choisit Sion pour le lieu de sa demeure. Mais Sion et son temple sont détruits. Où se tiendra le trône éternel de Dieu ? Où son repos à tout jamais ? Où sera son temple pour qu'il y habite ? L'Apôtre nous répond : le temple de Dieu, c'est vous ; en vous habite l'Esprit de Dieu. Voilà la maison et le temple de Dieu [...]

Mais cette demeure, c'est Dieu qui l'édifie. Construite de main d'homme, elle ne durerait pas, ni même si elle était fondée sur les doctrines humaines. Nos vains labeurs et nos inquiétudes ne suffisent pas à la protéger. Le Seigneur s'y prend bien autrement : il ne l'a pas fondée sur la terre ni sur les sables mouvants, mais elle repose sur les Prophètes et les Apôtres ; elle se construit sans cesse de pierres vivantes. Elle se développera jusqu'aux ultimes dimensions du corps du Christ. Sans cesse son édification se poursuit..." (Traité sur le Psaume 64).

"Quelle est en nous l’action de l’Esprit ? Écoutons les paroles du Seigneur lui-même : "J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez les porter maintenant. Il vous est bon que je m’en aille, car si je m’en vais, je vous enverrai un avocat." Il dit encore : "Je prierai le Père et il vous enverra l’Avocat pour qu’il soit avec vous à jamais, l’Esprit de vérité qui vous conduira à la vérité tout entière ; car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu’il entendra, il vous le dira, et il vous annoncera les choses à venir."

En ces mots nous sont révélés la volonté du donateur, ainsi que la nature et le rôle de celui qu’il nous donne. Car notre infirmité n’étant capable de connaître ni le Père ni le Fils, et difficile notre Foi en l’Incarnation de Dieu, le don de l’Esprit nous illumine, se faisant notre allié par son intercession. ?" (De Trinitate, XXXIII).

"Qui s'appuie sur le Seigneur ressemble au mont Sion, il ne chancelle pas, il est stable à jamais. Suivons l'Apôtre, suivons l'Évangile, suivons le Prophète. Appuyons-nous sur le Seigneur pour devenir conformes à son corps de gloire. Habitons maintenant l'Église, la Jérusalem de gloire. Habitons maintenant l'Église, la Jérusalem du ciel, afin d'être stables à jamais. Nous avons appris que cette maison doit être désirée et qu'elle est aimée par beaucoup ; l'Écriture dit en effet : "Une chose qu'au Seigneur je demande, la chose que je cherche, c'est d'habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie."

Allons dans la maison du Seigneur. Là est notre joie, là notre allégresse, car on nous a dit : allons dans la maison du Seigneur, Jérusalem, bâtie comme une ville, jusqu'à ce qu'y entre - comme dit l'Apôtre - la plénitude des gentils, et alors le reste d'Israël sera sauvé. Alors nous serons la cité de Dieu, la sainte Jérusalem où tout ensemble fait corps, par l'unité de la foi, par la communion de l'amour, par la concorde du vouloir et des oeuvres, par le don d'un sacrement unique en tous, selon ce qui est écrit : ils avaient un seul coeur et une seule âme dans le Seigneur."(Traité sur le Psaume 64).

"Qu'il est bon, qu'il est joyeux pour des frères d'habiter ensemble ! Il est bon et joyeux pour des frères d'habiter ensemble parce qu'en habitant le même lieu, ils forment un groupement d'Église ; on les appelle frères, parce qu'ils sont d'accord par la charité qui leur donne un seul vouloir.

Nous savons que ce grand précepte s'est réalisé au début de la prédication des Apôtres, puisque nous pouvons lire : Tous ceux qui avaient adhéré à la foi avaient un seul coeur et une seule âme. Ainsi convenait-il au peuple de Dieu d'être des frères ayant un seul Père, de ne faire qu'un par un seul Esprit, de vivre unanimes dans une seule maison, d'être les membres d'un seul corps." (Commentaire sur le Psaume 132)

"Le fleuve de Dieu regorge d'eau, c'est ainsi que tu apprêtes leur nourriture. Il n'y a pas de doute à avoir sur ce fleuve, car le Prophète dit aussi : L'élan du fleuve réjouit la cité de Dieu. Et le Seigneur lui-même dit, dans les Évangiles : Celui qui boit de l'eau que je lui donnerai, des fleuves d'eau vive couleront de son coeur, jaillissant en vie éternelle. Et encore : Celui qui croit en moi, comme dit l'Écriture, des fleuves d'eau vive jailliront de son coeur.

Jésus disait cela de l'Esprit Saint que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui. Donc, ce fleuve de Dieu regorge d'eau. Car nous sommes inondés par les dons de l'Esprit Saint, et le fleuve de Dieu, regorgeant d'eau, se déverse en nous à partir de cette source de vie." (Comment. sur le Ps 64, 14-15)

"J'en ai conscience Père, Dieu tout-puissant : c'est à toi que je dois consacrer l'occupation principale de ma vie. Que toutes mes paroles et mes pensées s'entretiennent de toi." (Prière d'Hilaire de Poitiers au commencement du Traité sur la Trinité).

"Le ciel tout entier tient dans le paume de Dieu et la terre toute entière est enclose dans son poing. Or la parole de Dieu fait bien sûr toujours profit à l'intelligence d'un esprit religieux ; cependant elle contient encore plus de sens lorsqu'on l'examine au-dedans par la pensée qu'au moment où on la reçoit au dehors par l'ouïe .

De fait le ciel enclos dans la paume de Dieu est en même temps son trône et la même terre qui tient dans son poing est l'escabeau de ses pieds. Cela ne permet pas de concevoir, sur le trône et l'escabeau, une apparence corporelle s'étalant dans l'attitude de quelqu'un d'assis, puisque ce qui est pour elle trône et escabeau, cette infinité puissante le prend dans sa paume et l'enclot en son poing.

Mais grâce à cela, on saurait que Dieu, au-dedans et au dehors, est toujours présent à l'origine des créatures, qu'il est à la fois transcendant et immanent, c'est-à-dire répandu autour de toutes choses et en elles. Tenir dans la paume et le poing manifesterait donc l'être puissant sur la nature extérieure ; le trône et l'escabeau montreraient les êtres extérieurs à lui subordonnés comme à l'être intérieur.

Ces êtres extérieurs à lui, au-dedans desquels il réside, voici qu'à l'inverse, extérieur à eux, ce même Être les enclot, intérieurs à lui. C'est ainsi qu'il tient tout entier toutes choses et du dedans et du dehors: infini qu'il est, il n'est rien dont il soit absent et rien non plus qui ne soit en lui, qui est infini". (La Trinité 1, 6)
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Message par jaimedieu le Mer 21 Jan 2015 - 5:40

Saint Pierre Chrysologue (406-450)

"Le Royaume de Dieu est semblable à du levain qu'une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine (Mt 13, 33). La femme qui avait reçu du démon le levain de la perfidie reçoit de Dieu le levain de la foi, elle l'enfouit dans trois mesures de farine, qui représentent les trois ères de l'humanité, d'Adam à Noé, de Noé à Moïse et de Moïse au Christ. Car si le Christ a voulu naître, c'est pour que, dans cette humanité où Eve avait semé la mort, Marie ramenât la vie.

Marie nous offre la parfaite image de ce levain, elle nous en propose la parabole, nous en dessine la figure quand en son sein elle reçoit du ciel le levain du Verbe et le répand en son sein virginal sur la chair humaine, que dis-je ? Sur une chair qui, en son sein virginal, est toute céleste et qu'elle fait ainsi lever...
Donnons à présent le sens profond de cette parabole. La femme qui a pris du levain, c'est l'Église, le levain qu'elle a pris, c'est la révélation de la doctrine céleste, les trois mesures dans lesquelles elle a, nous dit-on, enfoui le levain sont la Loi, les Prophètes et les Évangiles, où le sens divin s'enfouit et se cache sous des termes symboliques, afin d'être saisi du fidèle et d'échapper à l'infidèle.

La science divine est maintenant dans la pâte, elle se répand sur les sens, elle gonfle les coeurs, augmente les intelligences et, comme tout enseignement, les élargit, les soulève et les épanouit aux dimensions de la sagesse céleste. Tout sera bientôt levé. Quand ? A l'avènement du Christ."
(Sermon 99).

"Dans son amour pour les siens, le Christ, notre bon Maître, multiplie les images de son royaume, en varie les paraboles. Il ne va pas les prendre dans ses mystères, ni les chercher dans les sphères célestes ; il les puise dans l'expérience quotidienne. Il les emprunte à la vie commune, afin que toutes les classes d'hommes puissent y trouver leur profit, selon la parole du prophète : Écoutez, tous les peuples, entendez, tous les habitants du monde, gens du commun et gens de condition, riches et pauvres ensemble (Ps 48, 2-3).

S'il puisait dans les arcanes de sa divinité, dans les mystères des rois, ou les secrets des riches, le pauvre ne comprendrait pas, l'homme moyen serait décontenancé, le simple désemparé. Mais il tient un langage qui est familier au riche comme au pauvre et qui s'enracine au coeur de toute vie, car le Dieu qui nous appelle cherche tous les hommes sans faire acception de personne.

Mais reprenons la lecture de la parabole. A quoi puis-je comparer, dit-il, le royaume de Dieu ? (Lc 13, 21). Cette question frappe les auditeurs, les remplit de stupeur et d'étonnement. Que peut-on en effet comparer au royaume de Dieu, au divin empire ? Et tandis que leur esprit s'égare dans l'infini des cieux, le Seigneur trouve et dessine l'image de son royaume: le toit du pauvre, la main de la ménagère qui cuit son pain !" (Sermon 99).

"Ô homme, pourquoi es-tu si vil à tes propres yeux, alors que tu es si précieux aux yeux de Dieu ? Pourquoi te déshonores-tu à ce point quand Dieu t'a tellement honoré ? Pourquoi te demandes-tu avec quoi tu es créé, et négliges-tu de rechercher pour quel destin ? Cette demeure du monde que tu vois, n'est-elle pas tout entière bâtie pour toi ? Pour toi la lumière a jailli, afin de chasser les ténèbres environnantes, pour toi la nuit est disposée et le jour mesuré ; pour toi le ciel brille de l'éclat diapré du soleil, de la lune et des étoiles ; pour toi la terre s'émaille de fleurs, de forêts, de fruits ; pour toi vit dans l'air, dans les champs, dans l'eau la multitude merveilleuse de tous les animaux, de peur que tristesse et solitude n'assombrissent la joie de la création naissante.

Dieu t'a façonné à partir de la terre, afin que tu sois le maître des réalités terrestres, tout en partageant avec elles une nature commune. Dieu t'a fait don d'une âme céleste et d'un corps terrestre ; ainsi en toi se noue une union permanente entre ciel et terre..." (Sermon 147).

"Si le Seigneur revient avec le même corps, présente ses blessures, montre à nouveau les trous mêmes des clous, et donne comme preuves de sa résurrection les témoignages de la Passion, pourquoi l'homme croit-il qu'il doit quant à lui revenir dans un autre corps et non dans le sien ?

Ou peut-être le serviteur méprise-t-il son corps alors que le Seigneur a gardé le nôtre ? Homme, accepte de croire que tu vivras à nouveau dans ton propre corps, sauf à n'être pas toi-même, si tu ressuscites dans un corps étranger." (Sermon 76, 1).

"Il y a trois actes, mes frères, trois actes en lesquels la foi se tient, la piété consiste, la vertu se maintient: la prière, le jeûne, la miséricorde. La prière frappe à la porte, le jeûne obtient, la miséricorde reçoit. Prière, miséricorde, jeûne, les trois ne font qu'un et se donnent mutuellement la vie.

En effet, le jeûne est l'âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne. Que personne ne les divise : les trois ne peuvent se séparer. Celui qui en pratique seulement un ou deux, celui-là n'a rien. Donc, celui qui prie doit jeûner ; celui qui jeûne doit avoir pitié ; qu'il écoute l'homme qui demande, et qui en demandant souhaite être écouté ; il se fait entendre de Dieu, celui qui ne refuse pas d'entendre lorqu'on le supplie.

Celui qui pratique le jeûne doit comprendre le jeûne : il doit sympathiser avec l'homme qui a faim, s'il veut que Dieu sympathise avec sa propre faim ; il doit faire miséricorde, celui qui espère obtenir miséricorde; celui qui veut bénéficier de la bonté doit la pratiquer ; celui qui veut qu'on lui donne doit donner.

C'est être un solliciteur insolent, que demander pour soi-même ce qu'on refuse à autrui." (Homélie sur la prière, le jeûne et l'aumône, 43)

"Dieu, que le monde ne peut contenir, comment le regard humain, si étroit, pouvait-il le saisir ? Mais le code de l'amour ne considère pas ce que celui-ci peut être, ce qu'il doit et ce qu'il peut faire. L'amour ignore le jugement, il manque de raison, il ignore la mesure. L'amour ne se laisse pas consoler par l'impossibilité, il n'admet pas que la difficulté soit un remède. [...]

Il est impossible que l'amour ne voie pas ce qu'il aime; voilà pourquoi tous les saints ont jugé sans valeur tout ce qu'ils avaient obtenu, s'ils ne voyaient pas le Seigneur ..." (Sermon sur le mystère de l'Incarnation, (I), 147 : Dieu veut répondre à l'amour de l'homme qui désire voir Dieu)
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Message par jaimedieu le Jeu 22 Jan 2015 - 5:38

Saint Macaire d'Égypte, abbé (390)

"Nous ne devons pas réduire notre prière à une pratique corporelle, que ce soit celle de crier, ou de garder le silence, ou de fléchir les genoux, mais prier avec sobriété, attentifs à notre pensée, en attendant que Dieu vienne et visite l'âme par toutes ses voies d'accès, tous ses sentiers et tous ses sens.

Nous pourrons alors, selon ce qui conviendra, rester silencieux, élever la voix et même crier en priant, pourvu seulement que la pensée soit solidement fixée en Dieu. Quand le corps fait un travail il s'y adonne tout entier, ne s'occupe que de lui, et chacun de ses membres prête son concours aux autres.

Un homme d'affaires ne limite pas ses projets à un seul genre d'opérations, mais il s'active de tous les côtés pour accroître et multiplier son gain ; il passe d'un projet à l'autre, et de là court vers une nouvelle issue ; puis, toujours d'un bond, se précipite de ce qui ne rapporte pas vers ce qui est plus avantageux. C'est ainsi que nous devons nous aussi disposer notre âme, de façon variée et avec ingéniosité, pour obtenir le grand et véritable gain, Dieu, qui nous apprend à prier véritablement."
(Homélie spirituelle).

"Ceux qui s'approchent du Seigneur doivent s'adonner à la prière en grand repos, calmes et apaisés et non point par des cris inconvenants et confus. C'est le labeur de notre coeur, c'est la sobriété de nos pensées qui nous permettent d'approcher du Seigneur. Il ne convient pas à un serviteur de Dieu de s'établir dans l'agitation, mais dans une grande douceur et sagesse comme dit le Prophète : "Vers qui jetterai-je les yeux, c'est vers le doux et le paisible qui tremble à mes paroles."

Aux temps de Moïse et d'Élie, nous trouvons que, dans leur rencontre avec Dieu, la manifestation du Seigneur était précédée du ministère des trompettes et des puissances, mais le Seigneur n'était point là et sa présence se manifestait dans le repos, la paix et la tranquillité du coeur. "Voici, dit l'Écriture, la voix d'une brise légère, en elle était le Seigneur." (Homélies spirituelles, 6)
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Message par jaimedieu le Ven 23 Jan 2015 - 4:16

Isidore de Péluze (v. 355 - v. 440)

"Le bienheureux Paul appelle prêtres ceux qui, sans victimes ni sacrifices, accomplissent dans leur nature dépouillée des oeuvres de piété, et offrent leur corps en libation immaculée. Victime insigne que celle de l'esprit et d'un corps chaste ! Pour cette raison, il écrit : Offrez vos corps en hostie vivante, agréable à Dieu, sacrifice spirituel (Rm 12, 1). Il s'adresse non seulement aux prêtres, mais à l'Église tout entière.

En cette matière, il a ordonné à chacun d'être prêtre. Dans l'Ancien Testament, en effet, personne ne pouvait remplir les fonctions sacerdotales s'il n'était pas prêtre. Néanmoins, au temps de la Pâque, chacun était investi de la dignité sacerdotale, puisqu'il immolait la victime.

Il en est de même du Nouveau Testament, qui ne sera suivi d'aucun autre : ceux qui ont le pouvoir d'offrir un sacrifice non sanglant sont prêtres. Mais chacun est ordonné prêtre de son propre corps, non point pour exercer le gouvernement des sujets, mais pour dominer ses passions et faire de son corps un temple saint et chaste.".
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Message par jaimedieu le Sam 24 Jan 2015 - 4:19

Maxime de Turin (420)

"Le Seigneur Jésus est venu au baptême, et il a voulu que son corps très saint soit lavé par l’eau.
Quelqu’un dira peut-être : "Lui qui est Saint, pourquoi a-t-il voulu être baptisé ?" Écoutez donc. Le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu’il touche.

La consécration du Christ est en effet la consécration fondamentale de l’élément.
Lorsque le Sauveur est lavé, c’est alors que l’eau est d’avance purifiée tout entière en vue de notre baptême ; la source est purifiée pour que, dorénavant, la grâce du baptême soit administrée aux peuples à venir. Le Christ a donc reçu le baptême par avance, pour que les peuples chrétiens prennent sa suite avec confiance."
(Sermon pour l’Épiphanie, 100, 3).

"...Mes frères, nous devons tous exulter en ce saint jour. Que personne ne se soustraie à la joie commune parce qu’il a conscience de ses péchés, que personne ne soit écarté des prières communes par le fardeau de ses fautes ! En un tel jour, même le pécheur ne doit pas désespérer du pardon ; c’est en effet un grand privilège. Si le malfaiteur a obtenu le paradis, pourquoi le chrétien n’obtiendrait-il pas le pardon ?" (Homélie pour la Pâque, 53, 1-2-4).

"Le nombre de quarante, frères très chers, a une valeur symbolique, liée au mystère de notre salut. En effet, lorsque dans les premiers temps, la méchanceté des hommes eut envahi la surface du sol, c'est pendant quarante jours que Dieu fit tomber les eaux du ciel et inonda la terre entière sous les pluies du déluge.

Dès cette époque, l'économie du salut était donc annoncée en figure : pendant quarante jours, la pluie tomba pour purifier le monde ; et maintenant, c'est aussi pendant les quarante jours du Carême que la miséricorde est offerte aux hommes pour qu'ils se purifient." (Sermon pour le Carême n° 2-3, Patrologie latine 39, 2028)
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Message par jaimedieu le Lun 26 Jan 2015 - 6:26

Aphraate, le Sage persan

Catéchèse de Benoit XVI

Chers frères et sœurs,

Dans notre parcours dans le monde des Pères de l'Église, je voudrais aujourd'hui vous guider dans une partie peu connue de cet univers de la foi, c'est-à-dire dans les territoires où fleurirent les Églises de langue sémitique, qui n'étaient pas encore influencées par le pensée grecque. Ces Églises, durant le IV siècle, se développent au proche Orient, de la Terre Sainte au Liban et à la Mésopotamie.

Au cours de ce siècle, qui est une période de formation au niveau ecclésial et littéraire, ces communautés voient l'affirmation du phénomène ascétique et monastique avec des caractéristiques autochtones, qui ne subissent pas l'influence du monachisme égyptien. Les communautés syriaques du IV siècle représentent donc le monde sémite, dont la Bible elle-même est née, et elles sont l'expression d'un christianisme dont la formulation théologique n'est pas encore entrée en contact avec des courants culturels différents, mais qui vit sa propre forme de pensée.

Ce sont des Églises où l'ascétisme sous diverses formes érémitiques (ermites dans le désert, dans les grottes, reclus, stylites), et le monachisme sous des formes de vie communautaire, exercent un rôle d'importance vitale dans le développement de la pensée théologique et spirituelle.

Je voudrais présenter ce monde à travers la grande figure d'Aphraate, également connu sous le nom de "Sage", un des personnages les plus importants, et dans le même temps les plus énigmatiques, du christianisme syriaque du IV siècle. Originaire de la région de Ninive-Mossoul, aujourd'hui en Irak, il vécut dans la première moitié du IV siècle. Nous ne possédons que peu d'informations sur sa vie; il entretint cependant des rapports étroits avec les milieux ascétiques et monastiques de l'Église syriaque, dont il nous a transmis des informations dans son œuvre et auxquels il consacre une partie de sa réflexion. Selon certaines sources, il fut même responsable d'un monastère et, pour finir, il fut également consacré Évêque. Il écrivit 23 discours, connus sous le nom d'Expositions ou Démonstrations, dans lesquels il traite de divers thèmes de vie chrétienne, comme la foi, l'amour, le jeûne, l'humilité, la prière, la vie ascétique elle-même, et également le rapport entre judaïsme et christianisme, entre Ancien et Nouveau Testament. Il écrit dans un style simple, en employant des phrases brèves et en utilisant des parallélismes parfois contrastants; il réussit toutefois à formuler un discours cohérent avec un développement bien articulé des divers thèmes qu'il traite.

Aphraate était originaire d'une communauté ecclésiale qui se trouvait à la frontière entre le judaïsme et le christianisme. C'était une communauté profondément liée à l'Église-mère de Jérusalem, et ses Évêques étaient traditionnellement choisis parmi ceux qu'on appelle "les proches" de Jacques, le "frère du Seigneur" (cf. Mc 6, 3): il s'agissait en fait de personnes liées par le sang et par la foi à l'Église hyérosolimitaine.

La langue d'Aphraate est la langue syriaque, une langue donc sémitique comme l'hébreu de l'Ancien Testament et comme l'araraméen parlé par Jésus lui-même. La communauté ecclésiale dans laquelle se déroule la vie d'Aphraate était une communauté qui cherchait à rester fidèle à la tradition judéo-chrétienne, dont elle se sentait la fille. Celle-ci conservait donc un lien étroit avec le monde juif et avec ses Livres sacrés. Aphraate se définit de manière significative "disciple de l'Écriture Sainte" de l'Ancien et du Nouveau Testament (Démonstrations 22, 26), qu'il considère comme son unique source d'inspiration, ayant recours à celle-ci d'une manière si fréquente qu'il en fait le centre de sa réflexion.

Aphraate développe plusieurs arguments dans ses Démonstrations. Fidèle à la tradition syriaque, il présente souvent le salut accompli par le Christ comme une guérison et, donc, le Christ lui-même comme un médecin. En revanche, le péché est vu comme une blessure, que seule la pénitence peut guérir: "Un homme qui a été blessé lors d'une bataille, dit Aphraate, n'a pas honte de se remettre entre les mains d'un sage médecin...; de la même façon, celui qui a été blessé par Satan ne doit pas avoir honte de reconnaître sa faute et de s'éloigner d'elle, en demandant le remède de la pénitence" (Démonstrations 7, 3).

Un autre aspect important de l'œuvre d'Aphraate est son enseignement sur la prière, et en particulier sur le Christ comme maître de prière. Le chrétien prie en suivant l'enseignement de Jésus et son exemple d'orant: "Notre Sauveur nous a enseigné à prier ainsi, en disant: "Prie dans le secret Celui qui est caché, mais qui voit tout"; et encore: "Entre dans ta chambre et prie ton Père dans le secret, et le Père qui voit dans le secret te récompensera" (Mt 6, 6)... Ce que notre Sauveur veut montrer, c'est que Dieu connaît les désirs et les pensées du coeur" (Démonstrations 4, 10).

Pour Aphraate, la vie chrétienne est centrée sur l'imitation du Christ, sur le fait de prendre son joug et de le suivre sur la voie de l'Évangile. Une des vertus qui s'adapte le mieux au disciple du Christ est l'humilité. Celle-ci n'est pas un aspect secondaire dans la vie spirituelle du chrétien: la nature de l'homme est humble, et c'est Dieu qui l'exalte pour sa sa propre gloire.

L'humilité, observe Aphraate, n'est pas une valeur négative: "Si la racine de l'homme est plantée dans la terre, ses fruits croissent devant le Seigneur de la grandeur" (Démonstrations 9, 14). En restant humble, même au sein de la réalité terrestre dans laquelle il vit, le chrétien peut entrer en relation avec le Seigneur: "L'humble est humble, mais son coeur s'élève à des hauteurs éminentes. Les yeux de son visage observent la terre et les yeux de l'esprit, les hauteurs éminentes" (Démonstrations 9, 2).

La vision qu'Aphraate a de l'homme et de sa réalité corporelle est très positive: le corps de l'homme, à l'exemple du Christ humble, est appelé à la beauté, à la joie, à la lumière: "Dieu s'approche de l'homme qu'il aime, et il est juste d'aimer l'humilité et de rester dans la condition d'humilité. Les humbles sont simples, patients aimés, intègres, droits, experts dans le bien, prudents, sereins, sages, calmes, pacifiques, miséricordieux, prêts à se convertir, bienveillants, profonds, pondérés, beaux et désirables" (Démonstrations 9, 14).

Chez Aphraate, la vie chrétienne est souvent présentée dans une claire dimension ascétique et spirituelle: la foi en est la base, le fondement; elle fait de l'homme un temple où le Christ lui-même demeure. La foi rend donc possible une charité sincère, qui s'exprime dans l'amour envers Dieu et envers le prochain.

Un autre aspect important chez Aphraate est le jeûne, qu'il entend au sens large. Il parle du jeûne de la nourriture comme d'une pratique nécessaire pour être charitable et vierge, du jeûne constitué par la continence en vue de la sainteté, du jeûne des paroles vaines ou détestables, du jeûne de la colère, du jeûne de la propriété des biens en vue du ministère, du jeûne du sommeil pour s'appliquer à la prière.

Chers frères et soeurs, revenons encore - pour conclure - à l'enseignement d'Aphraate sur la prière. Selon cet antique "Sage", la prière se réalise lorsque le Christ demeure dans le coeur du chrétien, et il l'invite à un engagement cohérent de charité envers son prochain. Il écrit en effet:

"Apporte le réconfort aux accablés, visite les malades,sois plein de sollicitude envers les pauvres: telle est la prière.
La prière est bonne,
et ses oeuvres sont belles.
La prière est acceptée lorsqu'elle apporte le réconfort au prochain.
La prière est écoutée
lorsque dans celle-ci se trouve également le pardon des offenses.
La prière est forte
lorsqu'elle est remplie de la force de Dieu" (Démonstrations 4, 14-16).

Avec ces paroles, Aphraate nous invite à une prière qui devient vie chrétienne, vie réalisée, vie pénétrée par la foi, par l'ouverture à Dieu et, ainsi, par l'amour pour le prochain.
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Message par jaimedieu le Mer 28 Jan 2015 - 6:36

BASILE DE CÉSARÉ

"... nous cherchons naturellement ce qui est beau, bien que la notion de beauté diffère pour l'un et pour l'autre ; nous aimons sans qu'on nous l'apprenne ceux qui nous sont apparentés par le sang ou par l'alliance ; nous manifestons enfin volontiers notre bienveillance à nos bienfaiteurs.

Or, quoi de plus admirable que la beauté divine ? Que peut-on concevoir de plus digne de plaire que la magnificence de Dieu ? Quel désir est ardent et intolérable comme la soif provoquée par Dieu dans l'âme purifiée de tout vice et s'écriant dans une émotion sincère : L'amour m'a blessée (Ct 2, 5) ?
C'est ainsi que les hommes aspirent naturellement vers le beau. Mais ce qui est bon est aussi souverainement beau et aimable ; or Dieu est bon ; donc tout recherche le bon ; donc tout recherche Dieu."
(Basile de Césarée : Grandes Règles, question 2, in Les Règles monastiques, Maredsous, 1969, pp. 50-51).
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Message par jaimedieu le Jeu 29 Jan 2015 - 3:54

Romain le Mélode (493-565)

"La créature, née de la terre, périssait de soif : consumée par la chaleur ardente, elle errait au désert, sans eau, et dans son malheur, ne trouvait rien pour étancher sa soif. Aussi mon Sauveur, fontaine de tout bien, a fait jaillir des sources de vie en criant : "C'est d'Eve, sortie de ton flanc, que t'est venue la soif, bois à mon flanc tu n'auras plus jamais soif." Double est le fleuve qui en sort, il lave et abreuve les hommes souillés et Adam est dans la joie." (Hymne 38 : Triomphe de la Croix, SC 128)
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Message par jaimedieu le Dim 1 Fév 2015 - 7:15

Maxime de Turin (408)

"Le Seigneur Jésus est venu au baptême, et il a voulu que son corps très saint soit lavé par l’eau.
Quelqu’un dira peut-être : "Lui qui est Saint, pourquoi a-t-il voulu être baptisé ?" Écoutez donc. Le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau et pour purifier par sa pureté ces flots qu’il touche. La consécration du Christ est en effet la consécration fondamentale de l’élément.
Lorsque le Sauveur est lavé, c’est alors que l’eau est d’avance purifiée tout entière en vue de notre baptême ; la source est purifiée pour que, dorénavant, la grâce du baptême soit administrée aux peuples à venir. Le Christ a donc reçu le baptême par avance, pour que les peuples chrétiens prennent sa suite avec confiance."
(Sermon pour l’Épiphanie, 100, 3).

"...Mes frères, nous devons tous exulter en ce saint jour. Que personne ne se soustraie à la joie commune parce qu’il a conscience de ses péchés, que personne ne soit écarté des prières communes par le fardeau de ses fautes ! En un tel jour, même le pécheur ne doit pas désespérer du pardon ; c’est en effet un grand privilège. Si le malfaiteur a obtenu le paradis, pourquoi le chrétien n’obtiendrait-il pas le pardon ?" (Homélie pour la Pâque, 53, 1-2-4).

"Le nombre de quarante, frères très chers, a une valeur symbolique, liée au mystère de notre salut. En effet, lorsque dans les premiers temps, la méchanceté des hommes eut envahi la surface du sol, c'est pendant quarante jours que Dieu fit tomber les eaux du ciel et inonda la terre entière sous les pluies du déluge.

Dès cette époque, l'économie du salut était donc annoncée en figure : pendant quarante jours, la pluie tomba pour purifier le monde; et maintenant, c'est aussi pendant les quarante jours du Carême que la miséricorde est offerte aux hommes pour qu'ils se purifient." (Sermon pour le Carême n° 2-3, Patrologie latine 39, 2028)
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Message par jaimedieu le Lun 2 Fév 2015 - 3:43

Origène (185-253)

"Spirituellement donc, tous ceux qui viennent par la foi à la connaissance de Dieu peuvent être appelés fils d’Abraham ; mais, parmi eux, il en est qui adhèrent à Dieu par amour et d’autres par crainte et par peur du jugement à venir. Aussi l’Apôtre Jean dit: Celui qui craint n’est pas parfait en l’amour ; l’amour parfait bannit la crainte [1 Jn 4, 18]. Donc "celui qui est parfait en l’amour" naît d’Abraham et est fils de la femme libre. Mais celui qui garde les commandements par crainte de la peine à venir et par peur des supplices, et non par amour parfait, celui-là est bien fils d’Abraham lui aussi, il reçoit aussi des biens, c’est-à-dire la récompense de ses actes – parce que quiconque aura donné seulement un verre d’eau fraîche à titre de disciple, sa récompense ne périra pas [Mt 10, 42] -, et cependant il est inférieur au parfait, qui sert non pas dans la crainte servile mais dans la liberté de l’amour." (Origène : Homélies sur la Genèse, VII, 4)

"Quand vous lisez : Jésus enseignait dans leurs synagogues et tous célébraient ses louanges (Lc 4, 15), prenez garde de n'estimer heureux que les auditeurs du Christ et de vous juger, vous, privés de son enseignement. Si l'Écriture est la vérité, Dieu n'a pas seulement parlé jadis dans les assemblées juives, mais il parle aujourd'hui encore dans notre assemblée, et non seulement ici, dans la nôtre, mais dans d'autres réunions et dans le monde entier, Jésus enseigne et cherche des instruments pour transmettre son enseignement." (Homélie 32 sur St Luc, Sources chrétiennes n° 87, p. 387).

Que penser du Sauveur et Seigneur qui fait cette prière "Père, je te rends grâces de m'avoir exaucé ; moi je savais que tu m'exauces toujours ; mais j'ai parlé à cause de la foule qui m'entoure, pour qu'ils croient que c'est toi qui m'as envoyé", alors que cette promesse a été donnée à tous ceux qui prient comme il faut, tout en étant dans le monde ? Origène répond :

"[Jésus] avait l'intention de prononcer une prière de demande ; mais celui qui pourrait lui dire : "Avant que tu parles, je dirai : 'Me voici'", devança sa demande et, au lieu de la demande qu'il avait l'intention de prononcer, Jésus adressa son action de grâces à celui qui avait devancé sa prière et, parce qu'il était exaucé en ce qu'il pensait seulement, mais sans l'avoir exprimé dans sa prière, il dit : "Père, je te rends grâces de m'avoir exaucé." Il allait donc prier pour la résurrection de Lazare et Dieu, qui seul est bon, le Père, devançant sa prière, entendit les paroles qu'il allait prononcer dans sa prière : c'est pourquoi, au lieu d'une prière de demande, le Sauveur fait monter une action de grâces, de façon à être entendu de la foule qui l'entoure ; car il poursuit deux objectifs à la fois : rendre grâces de ce qu'il a obtenu en faveur de Lazare et inciter à la foi la foule qui l'entoure ; car il voulait leur faire admettre que c'était bien comme envoyé de Dieu qu'il résidait en cette vie." (Commentaire sur S. Jean, XXVIII, 39-42).

"Beaucoup ont essayé d'écrire des Évangiles, mais tous n'ont pas été acceptés. Et si vous ignorez qu'on n'a pas écrit seulement quatre Évangiles, mais un plus grand nombre, parmi lesquels ceux que nous possédons ont été choisis et remis aux Églises, que le prologue de Luc, dont voici le texte, vous l'apprenne : Parce que beaucoup ont essayé de composer un récit (Lc 1, 1). Ces mots "ont essayé" contiennent une accusation cachée contre ceux qui, sans la grâce du Saint-Esprit, se sont lancés dans la rédaction des Évangiles. Matthieu, Marc, Jean et Luc n'ont pas "essayé" d'écrire, mais, remplis du Saint-Esprit, ils ont écrit les Évangiles.
Comme nous l'ont transmis ceux qui, dès le début, témoins oculaires, sont devenus ensuite serviteurs de la Parole (Lc 1, 2). Les Apôtres ont contemplé la Parole, non parce qu'ils avaient regardé le corps du Sauveur, mais parce qu'ils avaient vu le Verbe. Si, en effet, avoir vu Jésus selon la chair, c'est avoir vu la parole de Dieu, dans ce cas, Pilate, qui condamna Jésus, a vu la Parole, ainsi que le traître Judas et tous ceux qui vociféraient : Crucifie-le, enlève-le de la terre ! (Jn 19, 15) ont vu la Parole. Loin de moi cette pensée que n'importe quel incroyant puisse voir la parole de Dieu. Voir la parole de Dieu se comprend dans le sens ou le Sauveur a dit lui-même : Celui qui m'a vu a vu aussi le Père qui m'a envoyé (Jn 14, 9).
(Homélies sur St Luc, I, 1-4, SC 87).

"Tente donc, mon auditeur, toi aussi, d'avoir ton propre puits et ta propre fontaine, pour que toi aussi, lorsque tu prendras le livre des Écritures, tu te mettes à tirer de ton propre fonds quelque intelligence ; et, selon la doctrine que tu as reçue dans l'Église, tente de boire, toi aussi, à la fontaine de ton esprit. Il y a en toi une nature d'eau vive, il y a des veines intarissables et des courants d'irrigation ; emploie-toi à creuser la terre et à la nettoyer des ordures, c'est-à-dire à repousser la paresse et à secouer la torpeur du coeur. Purifie ton esprit, pour qu'un jour vienne où tu boiras de tes propres fontaines et où tu puiseras de l'eau vive dans tes puits. Car si tu as reçu le Logos de Dieu en toi, si tu as reçu de Jésus l'eau vive avec fidélité, en toi s'ouvrira une fontaine d'eau jaillissant pour la vie éternelle. [Jn 4, 14]" (Homélie sur la Genèse, XII, 5).

"Comme les attitudes du corps sont innombrables, celle où nous étendons les mains et où nous levons les yeux au ciel doit être sûrement préférée à toutes les autres, pour exprimer dans le corps l’image des dispositions de l’âme pendant la prière. Nous disons qu’il faut agir de la sorte, quand il n’y a pas d’obstacles. Mais les circonstances peuvent amener parfois à prier assis, par exemple quand on a mal aux pieds ; ou à prier couché, à cause de la fièvre. Pour la même raison, si, par exemple, nous sommes en bateau ou que nos affaires ne nous permettent pas de nous retirer pour nous acquitter du devoir de notre prière, on peut prier sans prendre aucune attitude extérieure."(La prière, III, 31, "Les Pères dans la foi", p. 120).

"Lorsque quelqu'un nous donne un objet matériel, on ne peut pas dire qu'il nous donne l'ombre de cet objet (car il n'a pas l'intention de donner deux choses séparées, l'objet et son ombre mais l'ombre suit nécessairement l'objet donné), de même si nous considérons avec une certaine hauteur les grâces importantes que Dieu nous fait, nous pouvons dire que les biens matériels ne sont que l'ombre qui accompagne pour les saints les grâces spirituelles, immenses et célestes, pour leur profit et selon la disposition de Dieu. Le Seigneur agit toujours avec sagesse, même si nous ne connaissons pas le mobile de chacun de ses dons." (La prière, I, 5, 16, "Les Pères dans la foi", pp. 59-60)

"A l'homme qui recherche de belles perles (Mt 13,45), il faut appliquer les paroles suivantes : Cherchez et vous trouverez, et : Celui qui cherche, trouve (Mt 7,7-8). En effet, à quoi peuvent bien se rapporter "cherchez et celui qui cherche, trouve"? Disons-le sans hésiter : aux perles, et particulièrement à la perle acquise par l'homme qui a tout donné et tout perdu. A cause de cette perle, Paul dit : J'ai accepté de tout perdre afin de gagner le Christ (Ph 3,8). Par le mot tout il entend les belles perles, et par gagner le Christ l'unique perle de grand prix. (Commentaire sur l'évangile de Matthieu, 10, 9-10).

"Voici une comparaison pour inviter les hommes à prier et les empêcher de négliger la prière. Un homme ne peut pas avoir d'enfant sans s'unir à une femme. De même, pour obtenir ce qu'on désire, il faut prier avec de bonnes dispositions, avec foi, et se conduire dignement avant la prière. Il n'est pas nécessaire de dire beaucoup de paroles. Il ne faut pas non plus demander des choses sans importance, ni réclamer les biens de la terre, ni venir prier quand on est en colère ou troublé intérieurement. Pour comprendre ce que la prière exige, il faut avoir le coeur pur. De même, nous n'obtiendrons pas le pardon de nos péchés sans avoir pardonné du fond du coeur au frère qui nous demande pardon pour la peine qu'il nous a faite." (La prière, 8)

"Nous sommes en voyage, nous ne sommes venus en ce monde que pour passer de "vertus en vertus", et non pour rester sur terre par amour des objets terrestres, comme celui qui disait : "Je détruirai mes greniers et j'en construirai de plus grands". Ah ! que le Seigneur ne nous dise pas comme à lui : "Insensé, cette nuit, on te redemandera ton âme"." (Homélies sur les Nombres XXVII, 7)

"Si un homme a quelque jour brûlé du fidèle amour du Verbe de Dieu; si, pour parler comme le prophète, un homme, un jour, a reçu de la "flèche de choix" la douce blessure, la douce plaie; si quelqu'un, un jour, a été percé du trait amoureux, au point, ensuite, jour et nuit, de soupirer après lui de désir, et de ne plus pouvoir rien dire d'autre, et de ne plus vouloir rien entendre d'autre, et de ne plus rien savoir d'autre, et de n'avoir plus goût à rien désirer d'autre, rien envier d'autre, ni rien espérer hors de lui, celui-là alors, à juste titre, pourra dire: je suis blessé d'amour." (Homélies sur le Cantique des Cantiques, 1)
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Message par jaimedieu le Jeu 5 Fév 2015 - 5:08

Tertullien (150-220)

"Que l'un soit libre d'adorer Dieu et l'autre Jupiter ; que l'un puisse lever ses mains suppliantes vers le ciel, et l'autre vers l'autel de la bonne foi ; qu'il soit permis à l'un de compter les nuages en priant (si vous croyez qu'il le fait) et à l'autre les panneaux des lambris ; que l'un puisse vouer à son Dieu sa propre âme, l'autre la vie d'un bouc !

Prenez garde, en effet que ce ne soit déjà un crime d'irréligion que d'ôter aux hommes la liberté de la religion et de leur interdire le choix de la divinité, c'est-à-dire de ne pas me permettre d'honorer qui je veux honorer, pour me forcer d'honorer qui je ne veux pas honorer ! Il n'est personne qui veuille des hommages forcés, pas même un homme.

Heureusement que Dieu est le Dieu de tous les hommes, à qui, bon gré malgré, nous appartenons tous !"
(Apologétique, 24, 5-10, CUE, "Belles Lettres", 1961, pp. 61-62)

"Dieu lui-même est le plus parfait modèle de patience, ce qui doit nous engager à devenir patients comme lui. Car voyez d'abord comment il fait également luire son soleil sur les bons et sur les méchants; comment il permet que les uns et autres profitent indifféremment de l'utilité des saisons , des éléments et des dons de toute la nature. Tout Dieu qu'il est, il supporte l'ingratitude de tant de nations qui ne cessent de blasphémer son nom et d'outrager ses serviteurs, et qui portent l'insolence jusques à adorer les ouvrages bizarres de leurs propres mains. Enfin il souffre le libertinage, l'avarice, l'injustice , et tout ces autres dérèglements honteux que l'on voit se multiplier tous les jours dans le monde ; il souffre, dis-je, ces désordres avec tant de bonté que sa patience extrême semble faire quelque tort à sa toute-puissance. En effet, plusieurs en viennent à douter s'il y a un Dieu, parce qu'il ne comprennent pas pourquoi il est si lent à punir le crime." (De la patience, 2)

"Après avoir créé l'homme par pure bonté, Dieu lui imposa une loi. C'était encore sa bonté qui le faisait agir ainsi, car donner à l'homme le moyen d'adhérer à Dieu, n'était-ce pas chercher son bien ? Si Adam avait été livré à lui-même, affranchi de la soumission à Dieu, n'aurait-il pas ressemblé à ces animaux qui lui sont assujettis et que Dieu abandonne à leurs libres penchants en les laissant dans leur basse condition ? Seul parmi tous les êtres animés, l'homme peut se glorifier d'avoir été jugé digne de recevoir de Dieu une loi. Animal doué de raison, capable de comprendre et de discerner, il réglera sa conduite en disposant de sa liberté et de sa raison, dans la soumission à celui qui lui a tout soumis (1 Cor 15, 28)." (Contre Marcion, Livre II, ch.4-5-9).

"Et Dieu, dit l’Écriture, modela l’homme avec la glaise du sol. Ce n’était encore que de la glaise, et déjà le nom d’homme est prononcé. […] Quel honneur prodigieux pour le limon, ce rien, d’être touché par les mains de Dieu ! Ce simple contact n’aurait-il pas suffi à Dieu pour former l’homme, sans rien de plus ? Mais à voir Dieu travailler cette boue, on comprend qu’il s’agissait d’une œuvre extraordinaire. Les mains de Dieu étaient à l’ouvrage, elles touchaient, pétrissaient, étiraient, façonnaient cette glaise qui ne cessait de s’ennoblir à chaque impression des mains divines. Imagine-toi Dieu occupé, appliqué tout entier à cette création : mains, esprit, activité, conseil, sagesse, providence, amour surtout orientaient son travail ! C’est qu’à travers ce limon qu’il pétrissait, Dieu entrevoyait déjà le Christ, qui un jour serait homme, comme ce limon : Verbe fait chair, comme cette terre qu’il avait entre les mains.

Tel est le sens de cette première parole du Père à son Fils : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance. Dieu modela donc l’homme selon l’image de Dieu, c’est-à-dire selon le Christ. […] Dès lors ce limon qui revêtait l’image du Christ – telle qu’elle se manifesterait dans son Incarnation future – n’était pas seulement l’œuvre de Dieu, il était aussi le gage de Dieu ! (De la résurrection des morts, ch. 5-6, cité in Sr. Isabelle de la Source, Lire la Bible avec les Pères, 1. La Genèse, pp. 21-22)
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Message par jaimedieu le Lun 9 Fév 2015 - 4:39

Théodore de Mopsueste (355-428)

"L'Esprit, dit le Seigneur, souffle où il veut : tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Il en est ainsi pour quiconque est né de l'Esprit(Jn 3, 8). Ne considère pas seulement ta nature, mais que ton intelligence conçoive la puissance de celui qui engendre. Car l'Esprit Saint a toute puissance, il agit toujours efficacement selon sa volonté, et rien ne résiste à l'efficacité de son action. Tu entends donc sa voix, dit le Seigneur, c'est-à-dire que tu perçois le bruit de sa venue ; mais tu ne peux savoir quel lieu contient sa personne ; tu ne peux donc comprendre de quelle manière s'exerce son action.
Sa nature est infinie, et c'est pourquoi il est présent partout où il veut ; de même son action est ineffable, parce qu'il agit toujours efficacement, conformément à sa volonté. C'est à juste titre que Jésus a dit : Tu entends sa voix, car, lorsque l'Esprit est descendu pour la première fois sur les Apôtres, il y eut un grand bruit, pareil à celui d'un fort coup de vent. Telle est la génération de l'Esprit : les pensées des hommes ne peuvent la comprendre ; mais, parce qu'elle dépasse leur intelligence, un bruissement seul leur en fournit l'intuition." (Théodore de Mopsueste : Commentaire sur Jean d'après extrait présenté dans L'Evangile selon saint Jean expliqué par les Pères, "Les Pères dans la foi" n° 31, Migne, 1985, pp. 60-61).
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Message par jaimedieu le Mar 10 Fév 2015 - 4:00

Théophile d'Antioche (2e siècle)

"Tu te moques de moi en m'appelant "chrétien", tu ne sais pas ce que tu dis !
D'abord, ce qui est oint ["christ" signifie "qui a reçu l'onction d'huile"] est agréable, utile, et n'a rien de ridicule. Est-ce qu'un navire peut être utilisé ou peut être sauf avant d'être oint ? Est-ce qu'une tour, une maison possèdent belle apparence et offrent bon usage tant qu'elles ne sont pas ointes ? L'homme qui arrive en cette vie, ou qui va lutter, ne reçoit-il pas l'onction d'huile ? Quelle oeuvre d'art, quelle parure peut flatter l'oeil sans être ointe et rendue brillante ? L'air enfin, et toute la terre sous le ciel sont pour ainsi dire oints par la lumière et le souffle. Et toi, tu ne veux pas recevoir l'onction de l'huile divine ?
Pour nous c'est là l'explication de notre nom de chrétiens, nous sommes oints par l'huile de Dieu." [lors du baptême, depuis l'origine, le bain d'eau est suivi d'une onction d'huile].
(Théophile d'Antioche : A Autolycus, Sources chrétiennes, n° 20, Cerf, p. 85).
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Message par jaimedieu le Jeu 12 Fév 2015 - 6:23

Ælred de Rievaulx (début 1110 – 12 janvier 1166 ou 1167), est un moine cistercien qui devient le troisième abbé de Rievaulx en 1147. Il a laissé de nombreux écrits et a été l'un des cisterciens les plus influents d'Angleterre de son temps ; on le nomme le saint Bernard anglais. Il est considéré comme docteur de la charité et de l'amitié, et est fêté comme saint dans l'Église catholique le 12 janvier.

Aelred de Rievaulx, abbé

"Si nous voulons [...] connaître la paix quand [le Christ] reviendra, efforçons-nous d'accueillir avec foi et amour sa venue passée. Demeurons fidèlement dans les oeuvres qu'il nous manifesta et nous enseigna alors. Nourrissons en nos coeurs l'amour du Seigneur, et par l'amour le désir afin que, lorsqu'il viendra, le désiré des nations, nous puissions porter les yeux sur lui en toute confiance." (Sermon I sur la venue du Seigneur)
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Textes des chrétiens des premiers siècles - Page 2 Empty Re: Textes des chrétiens des premiers siècles

Message par jaimedieu le Ven 13 Fév 2015 - 4:09

Baudouin de Ford (cistercien anglais mort vers 1190)

"Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura plus faim, qui croit en moi n'aura plus jamais soif [Jn 6, 35]. La Sagesse dit pourtant : Ceux qui me mangent auront encore faim, ceux qui me boivent auront encore soif [Si 24, 21]. Le Christ, Sagesse de Dieu, n'est pas dès maintenant mangé jusqu'au rassasiement de notre désir, mais seulement dans une mesure qu'il excite notre désir de rassasiement, et plus nous goûtons sa douceur, plus notre désir s'irrite. C'est pourquoi ceux qui le mangent auront encore faim, jusqu'à ce que vienne le rassasiement.

Mais, lorsque leur désir aura été comblé par les biens célestes, ils n'auront plus ni faim ni soif.
Cette parole : Ceux qui me mangent auront encore faim, peut aussi s'entendre du monde futur, car il y a dans ce rassasiement éternel une sorte de faim, qui ne vient pas du besoin mais du bonheur. Les convives y désirent toujours manger ; jamais ils ne souffrent de la faim, et cependant jamais ils ne se lassent d'être rassasiés. Ainsi, alors même qu'on le tient, on le cherche selon qu'il est écrit : Cherchez son visage toujours [Ps 104, 4]. Oui, on le cherche toujours, celui qu'on aime pour le posséder toujours."
(Le sacrement de l'hôtel, II, 3 ; SC 93, p.253).

"Forte est la mort, puisqu'elle peut nous enlever le don de la vie. Fort est l'amour, puisqu'il peut nous ramener à un meilleur usage de la vie.
Forte est la mort, puisqu'elle a le pouvoir de nous dépouiller de notre corps. Fort est l'amour, puisqu'il a le pouvoir d'arracher à la mort ce qu'elle nous a pris, et de nous le restituer.
Forte est la mort : aucun homme ne peut lui résister. Fort est l'amour, au point de pouvoir triompher d'elle, de briser son aiguillon, de mater ses efforts, de changer sa victoire en défaite. Tout cela se réalisera lorsque la mort sera insultée et s'entendra dire : Où est-il, mort, ton aiguillon ? Où est-elle, mort, ta victoire ?" (Homélie 10 sur le Cantique, 8, 6)

"Vivante est la parole de Dieu, efficace, et plus acérée qu'une épée à deux tranchants. [...] La Parole est donc efficace, et plus pénétrante qu'une épée à deux tranchants, quand elle est reçue avec foi et amour. En effet, qu'y a-t-il d'impossible pour celui qui croit ? Et qu'y a-t-il de rigoureux pour celui qui aime ? Quand s'élève la voix du Verbe, elle s'enfonce dans le coeur comme des flèches de combat qui déchirent, comme des clous fichés profondément, et elle pénètre si loin qu'elle atteint le fond le plus secret.

Oui, cette Parole pénètre plus loin qu'une épée à deux tranchants, car il n'est pas de puissance ni de force qui puisse porter de coups aussi sensibles, et l'esprit humain ne peut concevoir de pointe aussi subtile et pénétrante. Toute la sagesse humaine, toute la délicatesse du savoir naturel sont loin d'atteindre son acuité." (Homélie sur la Lettre aux Hébreux.)
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Message par jaimedieu le Dim 15 Fév 2015 - 3:11

Anonymes

"Lorsque les païens nous entendent dire, comme une parole de Dieu : Quelle reconnaissance pouvez-vous attendre, si vous aimez ceux qui vous aiment ? Mais on vous sera reconnaissant si vous aimez vos ennemis et ceux qui vous détestent. Oui, lorsqu'ils entendent ces paroles, ils admirent cette extrême bonté. Mais lorsqu'ils voient que nous n'aimons pas ceux qui nous détestent et même pas ceux qui nous aiment, ils se moquent de nous, et le nom de Dieu est blasphémé.
Ainsi donc, mes frères, si nous faisons la volonté de Dieu notre Père, nous appartiendrons à l'Église primordiale, à l'Église spirituelle, qui fut créée avant le soleil et la lune. Mais si nous ne faisons pas la volonté du Seigneur, nous relèverons de ce passage de l'Écriture : Ma maison est devenue une caverne de bandits. Préférons donc appartenir à l'Église de la vie, afin d'être sauvés."
(d'une Homélie du IIe siècle, 13, 2-14, 5 : auteur inconnu, mais attribuée souvent à St Clément de Rome).

" … Les Chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de quelque dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier. Ce n’est pas à l’imagination ou aux rêveries d’esprits agités que leur doctrine doit sa découverte ; ils ne se font pas comme tant d’autres, les champions d’une doctrine humaine. Ils se répartissent dans les cités grecques et barbares suivant le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle. Ils résident chacun dans sa propre patrie, mais comme des étrangers domiciliés. Ils s’acquittent de tous leurs devoirs de citoyens et supportent toutes les charges comme des étrangers. Toute terre étrangère leur est une patrie et toute patrie une terre étrangère. Ils se marient comme tout le monde, ils ont des enfants, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveaux-nés. Ils partagent tous la même table, mais non la même couche. Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils passent leur vie sur la terre, mais sont citoyens du ciel. Ils obéissent aux lois établies et leur manière de vivre l’emporte en perfection sur les lois." (A Diognète, V, 1-10) [auteur anonyme de la fin du 2e siècle]

"La bonté divine, frères très chers, nous invite, pour le salut de nos âmes, aux joies de la béatitude éternelle, comme vous l'avez entendu dans la lecture qui nous occupe, où l'Apôtre disait : Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur Les joies du monde tendent à la tristesse ; mais les joies conformes à la volonté de Dieu attirent aux biens durables et éternels ceux qui y persévèrent. C'est pourquoi l'Apôtre ajoute : Je le répète, réjouissez-vous." Homélie ancienne sur la Lettre aux Philippiens, 4, 4 [attribuée à St Ambroise ?)
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Message par jaimedieu le Mar 17 Fév 2015 - 4:34

MOYEN-ÂGE

Baudouin de Ford (cistercien anglais mort vers 1190)

"Je suis le pain de vie. Qui vient à moi n'aura plus faim, qui croit en moi n'aura plus jamais soif [Jn 6, 35]. La Sagesse dit pourtant : Ceux qui me mangent auront encore faim, ceux qui me boivent auront encore soif [Si 24, 21]. Le Christ, Sagesse de Dieu, n'est pas dès maintenant mangé jusqu'au rassasiement de notre désir, mais seulement dans une mesure qu'il excite notre désir de rassasiement, et plus nous goûtons sa douceur, plus notre désir s'irrite. C'est pourquoi ceux qui le mangent auront encore faim, jusqu'à ce que vienne le rassasiement. Mais, lorsque leur désir aura été comblé par les biens célestes, ils n'auront plus ni faim ni soif.

Cette parole : Ceux qui me mangent auront encore faim, peut aussi s'entendre du monde futur, car il y a dans ce rassasiement éternel une sorte de faim, qui ne vient pas du besoin mais du bonheur. Les convives y désirent toujours manger ; jamais ils ne souffrent de la faim, et cependant jamais ils ne se lassent d'être rassasiés. Ainsi, alors même qu'on le tient, on le cherche selon qu'il est écrit : Cherchez son visage toujours [Ps 104, 4]. Oui, on le cherche toujours, celui qu'on aime pour le posséder toujours."

"Forte est la mort, puisqu'elle peut nous enlever le don de la vie. Fort est l'amour, puisqu'il peut nous ramener à un meilleur usage de la vie.
Forte est la mort, puisqu'elle a le pouvoir de nous dépouiller de notre corps. Fort est l'amour, puisqu'il a le pouvoir d'arracher à la mort ce qu'elle nous a pris, et de nous le restituer.

Forte est la mort : aucun homme ne peut lui résister. Fort est l'amour, au point de pouvoir triompher d'elle, de briser son aiguillon, de mater ses efforts, de changer sa victoire en défaite. Tout cela se réalisera lorsque la mort sera insultée et s'entendra dire : Où est-il, mort, ton aiguillon ? Où est-elle, mort, ta victoire ?" (Homélie 10 sur le Cantique, 8, 6)

"Vivante est la parole de Dieu, efficace, et plus acérée qu'une épée à deux tranchants. [...] La Parole est donc efficace, et plus pénétrante qu'une épée à deux tranchants, quand elle est reçue avec foi et amour. En effet, qu'y a-t-il d'impossible pour celui qui croit ? Et qu'y a-t-il de rigoureux pour celui qui aime ? Quand s'élève la voix du Verbe, elle s'enfonce dans le coeur comme des flèches de combat qui déchirent, comme des clous fichés profondément, et elle pénètre si loin qu'elle atteint le fond le plus secret. Oui, cette Parole pénètre plus loin qu'une épée à deux tranchants, car il n'est pas de puissance ni de force qui puisse porter de coups aussi sensibles, et l'esprit humain ne peut concevoir de pointe aussi subtile et pénétrante. Toute la sagesse humaine, toute la délicatesse du savoir naturel sont loin d'atteindre son acuité." (Homélie sur la Lettre aux Hébreux).
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