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UN VRAI FRANCAIS : LEON DAUDET

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Message par Hervé J. VOLTO Sam 29 Juin 2019 - 12:29

Léon Daudet (1867-1942) est le fils aîné d'Alphonse Daudet et de son épouse, Julia née Allard, le frère de Lucien Daudet et d'Edmée Daudet, future Mme André Germain. Journaliste et homme politique Français, républicain converti au Royalisme, Député de Paris de 1919 à 1924, il fut l'une des principales figures politiques de l'ACTION FRANCAISE et l'un des collaborateurs les plus connus du journal du monvement.

Il devient éditorialiste et rédacteur en chef, puis codirecteur à partir de 1917, tandis que son épouse tient la rubrique culinaire sous le pseudonyme de « Pampille ».

Léon Daudet est dès lors une figure de la vie culturelle et politique : articles polémiques au style populaire, vif et amusant, charriant les injures, voire les appels au meurtre, mais aussi essais, livres d'histoire et romans se succèdent à un rythme soutenu. Le personnage est un colosse truculent, sanguin, pittoresque, mangeant, buvant (plusieurs bouteilles de bourgogne par repas !), écrivant, discourant sans cesse. Celui qu'on surnomme « LE GROS LEON » défraye la chronique, autant par ses écrits que par les duels que lui valent ses insultes et les coups qu'il donne ou reçoit au cours de manifestations qui se terminent souvent au poste.

La bibliographie des œuvres de cet écrivain engagé et prolifique est énorme : plus de 300 notices sur le catalogue de la BNF. Son œuvre de mémorialiste est importante, six volumes de «SOUVENIRS» de 1880 à 1921, «Prodigieux Souvernirs», comme disait marcel Proust, qui ajoutait :

- Les ressemblances entre Saint-Simon et Léon Daudet sont nombreuses : la plus profonde me semble l'alternance, et l'égale réussite, des portraits magnifiquement atroces et des portraits doux, vénérants, nobles.

Les réceptions du jeudi de Mme Daudet attirent de nombreuses personnalités du monde de la culture.

-Fils d'un écrivain célèbre et qui avait non seulement le goût, mais la passion des échantillons humains, depuis le vagabond de la route jusqu'au plus raffiné des artistes, j'ai été en relation avec beaucoup de gens.

Aussi Léon fréquente-t-il dès son enfance des écrivains et des journalistes, les uns, comme Gustave Flaubert, visiteurs épisodiques, les autres, comme Edmond de Goncourt , presque membres de la famille. Maurice Barrès, Emile Zola, Edouard Drumont, Guy de Mauppassant, Ernest Renan, entre autres, marquent ses souvenirs d’enfance. Il est également ami de jeunesse de Marcel Proust, alors inconnu.

Le 12 février 1891, à Paris , il épouse Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo (celle-là même que le poète a célébrée dans L'ART D'ETRE GRAND-PERE), sœur de son meilleur ami Georges Hugo, à la mairie du XVI° Arrondissement.

Bien qu'il connût déjà Charles Maurras et Henri Vaugeois, c'est sa rencontre en 1904 avec le Duc d'Orléans, Philippe VIII, l' “Oréans Catholique” qui décide de sa vocation Catholique et Royaliste, vocation renforcée par son mariage, en 1903, avec sa cousine Marthe Allard, qui partage ses idées.

L'Affaire des Fiches (1904), suivie de l' affaire Syveton , dans laquelle il s'obstine à voir un assassinat, renforcent son engagement dans la politique Réactionnaire et anti-parlementaire. En 1908, il est l'un des fondateurs, avec Charles Maurras, Henri Vaugeois et Maucice Pujo, du quotidien L'ACTION FRANCAISE dont le financement est largement assuré par l'héritage que son épouse reçoit de la Comtesse de Loynes, l' égérie de Le maitre et de la LIGUE DE LA PATRIE FRANCAISE, dont il fréquente le salon. Il devient éditorialiste et rédacteur en chef, puis codirecteur à partir de 1917, tandis que son épouse tient la rubrique culinaire sous le pseudonyme de « Pampille».

Il priait depuis plusieurs années l'arrivée d'un homme Providentielle au pouvoir lorsque la défaite amène en 1940, pour reprendre l'expression maurrassienne, la « Divine surprise » de la Révolution Nationale du Maréchal Philippe Pétain. Mais l'occupation allemande désole ce patriote résolument Catholique et viscéralement anti-germanique et on ne retiendra du Régime de Vichy que le collaborationnisme de Laval...

Les jeunes générations se doivent impérativement de lire ce texte roboratif qu’est VERS LE ROI, sixième et dernier volume, paru en 1921, des SOUVENIRS des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux de Léon Daudet, fils brillant de l’illustre auteur des Lettres de mon Moulin, Alphonse Daudet. Cet ouvrage important présente un intérêt à la fois historique et politique. Il constitue un témoignage précieux pour qui souhaite comprendre la façon dont l’ACTION FRANCAISE s’est imposée comme un mouvement politique majeur, de sa fondation à nos jours.

On y apprend, entre autres faits, comment et dans quelles conditions parut, le 21 mars 1908, « le premier numéro de l’ACTION FRANCAISE quotidienne, organe du nationalisme intégral, portant comme devise, la fière parole de Mgr le duc d’Orléans: ‘‘TOUT CE QUI EST NATIONAL EST NOTRE’’ » reprenant la fromule de Jules Le Maire “TOUT CE QUI EST NATIONAL EST ROYAL” ; on y découvre aussi avec quel brio les conférenciers de l’INSTITUT D'ACTION FRANCAISE, « notre Sorbonne Royaliste », s’acharnaient avec ferveur « à refaire, par en haut, une éducation de l’intelligence que faussaient les programmes officiels ».

L’ouvrage est également émaillé de portraits divers. Ainsi sont croquées, avec infiniment de réalisme, les figures marquantes du mouvement Royaliste, telles que Jacques Bainville, « prodige de connaissances historiques et politiques et […] écrivain d’élite », Henri Vaugeois, « apôtre politique en fusion » et premier fondateur de l’ACTION FRANCAISE avec Maurice Pujo, « homme de lettre [à la] culture vaste et séduisante […], l’âme accrochée dans la poitrine », ou Maxime Réal del Sarte, « artiste génial » qui « a laissé un bras sur le champ de bataille ».

Bien plus encore, par extraordinaire, croit-on approcher Charles Maurras d’assez près pour s’apercevoir qu’« il est de taille moyenne, mince, alerte, avec un visage ferme et décidé, où brille l’immatérielle flamme de deux yeux fascinants, inoubliables ». De la même façon, notre cœur se remplit d’espérance lorsque Daudet relate avec émotion sa première rencontre avec le Prince Royal, Mgr le Duc d’Orléans, Philippe VIII, “l'Orléans Catholique”. Et l’on saisit limpidement la justesse du propos de l’auteur observant qu’« un des avantages primordiaux de la Monarchie, c’est qu’elle est, en chair et en os, une réalité vivante, c’est la personne du Roi ».

Après la condamnation en 1936 de l'ACTION FRANCAISE par le Comte de Paris, francs-maçon notoire, l'Abbé Georges de Nantes, qui fut chroniqueur religieux du journal Aspect de la France, appellera à continuer l'oeuvre de restauration Monarchique tout en laissant humblement à Dieu le choix du Roi à venir :

-Discuter du Prétendant, choisir son Prince, c'est déjà être républicain !

C'est tout le sens du "POLITIQUE D'ABORD" de Maurras.

Dans le N° de Juillet 1987 de IL EST RESSUSCITE, un disciple de l’Abbé de Nantes précisait:

-Le Père de Nantes ne choisi pas son Roi: discuter du Prétemdant, prince, c’est déjà être républicain! Il dépasse le clivage Orléaniste/Légitimiste. Sa conviction morale repose sur une croyance sincère en une Survivance possible de Louis XVII. Qu’un descendant de Louis XVI s’avance et l’unanimité des Français se fera! Quoi qu’il en soit et qui que soit le Roi, Dieu nous le montrera !!!

L’Abbé Georges de Nantes, fondateur de la CONTRE REFORME CATHOLIQUE AU XX° SIECLE, avait écrit en 1969 :

-Un jour se lèveront des phalanges de toute nations, de toute classe, pour la renaissance de l’Eglise et le salut du monde. Leur action s’inspirera nécessairement du patrimoine de sagesse que récapitulent nos 150 Points de religion Catholique, d’ACTION FRANCAISE, de vie communautaire. On aura beau voir et dire, on ne reconstruira rien en dehors ou au rebours de ces principes que nous tenons de nos pères.

Mais Daudet n’épargne pas le camp adverse, celui des républicains et démocrates patentés, dont il nous livre des portraits féroces mais jubilatoires. Ainsi, par exemple, après avoir dit du dreyfusard Zola qu’il était « l’opprobre des Lettres Françaises », Aristide Briand, qui a « toujours haï et redouté l’Action Française », est-il dépeint comme n’ayant « rien lu […], ignorant comme une carpe et paresseux comme une loche ». Quant au "Tigre" Clemenceau, dont Bainville, nous dit Daudet, redoutait « son inintérêt pour les leçons de l’histoire », il « a fait la preuve qu’un dictateur civil ne vaut pas un Roi ». Des tirades pas très charitables, parfois.

Pourtant, si le verbe est parfois acide, c’est que l’ennemi à abattre est retors, voire brutal. Il fallait donc bien, pour y faire pièce, une organisation telle que les Camelots du Roi, représentés par des « jeunes gens de dix-huit à vingt-cinq ans, d’abord vendeurs volontaires du journal (d’où la dénomination de Camelots du Roi), puis organisés, disciplinés et représentant une force nationaliste, ensuite Nationae, au service de l’Ordre et de la Patrie et de celui qui les conditionne : le Roi de France ».

Jouant un rôle de premier plan dans la vie politique Française, craints autant qu’admirés selon le camp dans lequel on se trouvait alors, les Camelots du Roi, Royalistes parce que Catholiques et Français « par les piles sérieuses qu’ils infligèrent aux bandes révolutionnaires des Sans-Patries, par leur fessée, en Sorbonne, à Thalamas, insulteur de Jeanne d’Arc, par leurs magnifiques cortèges en l’honneur de Jeanne d’Arc », étaient également aux avant-postes de la solidarité nationale et, comme on dirait aujourd’hui, de l’aide humanitaire, lorsqu’en 1910, la Seine sortit de son lit et inonda Paris. Défenseurs assidus de la Pucelle d’Orléans, ils « recueillirent, en l’honneur de la bonne Lorraine, des milliers de jours de prison », jusqu’à temps que la République acceptât enfin de commémorer l’héroïne nationale.

Toutefois, le mémorialiste Daudet se double d’un redoutable polémiste et d’un homme politique averti. C’est le second intérêt de cet ouvrage où l’auteur, bien que ne rapportant pas directement ses souvenirs de député de Paris (ce qu’il fera plus précisément dans son Député de Paris, publié en 1933), sauf à s’y référer par endroits, fera preuve d’une remarquable acuité d’analyse.

La polémique chez le tonitruant auteur n’est jamais gratuite. Au service des idées qu’il défend, il veille à ce qu’elle soit « de bonne foi » et en use à des fins pédagogiques : « La répétition, en variant la forme, parbleu, est un procédé de polémique […] ; vu que l’attention du lecteur est toujours plus fragile qu’on ne le suppose ». Daudet, connaisseur du jeu parlementaire, sait de quoi il parle lorsqu’il dénonce l’inertie de la Chambre des députés : « Elle veut dormir. Elle désire qu’on lui fiche la paix avec l’alerte politique, financière, économique et militaire ». Quoi de changé au fond, avec notre Chambre basse actuelle qui préfère aliéner ses prérogatives essentielles entre les mains d’un Parlement paneuropéen et apatride ? Il voit dans cette apathie inhérente au régime démocratique « une des raisons pour lesquelles le prétendu gouvernement du peuple est une blague ».

Sur le libéralisme, notre tribun a ce mot, d’une saisissante actualité : « Le libéralisme abêtit, et amène l’entendement où il règne à confondre le bien et le mal en action sous la même qualification de ‘‘violence regrettable’’ et ‘‘d’extrémisme’’. Son véritable nom est confusion mentale ». De même, réfute-t-il « la prétendue antinomie entre la pensée et l’action, dont se gargarisent les libéraux » et place-t-il « ce beau titre, l’Action Française, si simple, si expressif et grand » sous le patronage de Saint Thomas d’Aquin et de Richelieu dont la pensée « tend à l’ordre du monde », pour le premier, et « commande toujours la politique féconde de la France », pour le second.

Autant de préceptes que l’ACTION FRANCAISE, à travers sa doctrine Catholique et patriote, n’a jamais cessé d’enseigner et de mettre en œuvre, toujours dans l’intérêt national, principe et fin de toute politique raisonnée. Certes, la République est encore debout, mais comme nous le dit Daudet :

-Les lois, règles et principes de la politique sont éternels, à travers les variations de leur modalités, et […] un pays comme le nôtre ne peut se relever, vivre, prospérer sans la Monarchie héréditaire !

Et puis, comme l’exhorte Maurras :

-Le désespoir en politique est une sottise absolue !

La restauration de l’autorité Royale, en vue de la restauration de la Monarchie, pourra être la création spontanée d'un peuple exédé, dans l'instant soulevé en Contrerévolution. Mais elle sera avant tout, nous l’avons souvent dit, l’œuvre du Cœur Immaculé de Marie, puisque même le grand œuvre commencé en 1900 par l'ACTION FRANCAISE de Charles Maurras et de tant d'autres admirables patriotes, Catholiques pour la plupart, Légitimistes, Survivantistes sans peur et sans reproche, n’a pas abouti faute de dévotion vraie au Cœur de Jésus et de Marie. Elle sera le beau fruit d'une Croisade spirituelle, intellectuelle et morale, sur le modèle de l’Abbé de Nantes, et c’est à cette œuvre Catholique et Française, Royaliste et Providentialiste, consacrée aux Coeurs-Unis de Jésus et de Marie, et à Saint-Michel Archange aussi, que s’appliquera la prophétie du Saint pape Pie X aux Monarchistes Français : « cette œuvre aboutira ! » .

Prions Saint-Thomas d'Aquin pour qu'il intercède auprè des Coeurs Unis de Jésus et de Marie afin d'avoir rapidement un Roi...





Hervé J. VOLTO, CJA





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A lire : Léon Daudet, Souvenirs et polémiques. (Éd. Robert Laffont, Collection « Bouquins », Paris, 1992).

Hervé J. VOLTO

Date d'inscription : 19/12/2016

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