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Culture de vie : un peuple mobilisé mais abandonné par les élites

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Culture de vie : un peuple mobilisé mais abandonné par les élites Empty Culture de vie : un peuple mobilisé mais abandonné par les élites

Message par MichelT Lun 3 Fév 2014 - 14:01

Culture de vie : un peuple mobilisé mais abandonné par les élites

Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, répond sans langue de bois aux questions du mensuel La Nef :


G"Ce serait un peu trop facile de tomber à bras raccourcis sur la gauche, en trouvant un bouc émissaire. Mais sur aucun des sujets que vous citez, la droite n’a de position solide, claire et unifiée, à la différence de la gauche pour laquelle il s’agit de valeurs symboliques de rassemblement. Toutes les transgressions dites sociétales ont été initiées puis votées sous la droite : contraception, divorce, avortement, PMA, tri des embryons, recherche détruisant l’embryon… Ces réformes ont bien sûr été votées avec la complicité de la gauche. Sans oublier la loi Leonetti sur la fin de vie qui comportait bien des failles, anticipatrices de la légalisation de l’euthanasie à venir. Sans oublier le projet d’union civile pour les homosexuels qui était dans les cartons de Nicolas Sarkozy en 2007. Sans oublier l’enseignement du gender mis en place à Sciences Po par Richard Descoings, puis dans les programmes scolaires par Luc Chatel. Heureusement, le pire était parfois évité grâce à l’influence de telle ou telle personne proche de… Aujourd’hui, c’est terminé. La gauche a fait la moisson idéologique de ce qui a été semé en termes de relativisme, de libéralisme, d’utilitarisme, depuis plus de quarante ans par une droite désinvolte sur le plan philosophique. Cela ne l’intéressait pas et ne devait pas impacter le champ politique. On voit le résultat. Le champ politique est devenu un champ de ruines. [...]

Le bilan est contrasté d’une mobilisation populaire très forte qui nous réjouit – contre le « mariage » homosexuel, la recherche sur l’embryon avec « Un de nous » (One of us), la résolution Estrela par exemple –, mais d’une mobilisation faible des autorités politiques et morales qui reste préoccupante parce qu’elle ne permet pas de passer à la vitesse supérieure.

Parmi les trop rares hommes politiques qui ont participé aux rassemblements contre le « mariage » homosexuel, un certain nombre n’envisagent pas d’autre issue que d’appliquer la loi puisqu’elle est désormais votée et avouent même qu’ils ne la changeront pas lors de la prochaine alternance politique. Dans le domaine du respect de la vie, c’est pire : l’encéphalogramme est plat. Éveiller des hommes politiques de l’opposition (à part une poignée et encore) aux urgences dictées par l’actualité dramatique de la culture de mort, dans notre pays, est une mission qui semble impossible. On peut aussi regretter qu’en dehors de quelques prises de positions individuelles admirables, la communication de l’Église de France sur ces questions ne soit pas à la hauteur ni des enjeux, ni des menaces actuelles, ni des exigences du calendrier politique.

MLe résultat est un sentiment paradoxal de grande détermination populaire et de divorce entre le peuple et ses élites. Le peuple se sent abandonné sur ces questions fondamentales depuis des dizaines d’années, victime d’une absence de vision stratégique de la part de ceux qui devraient s’opposer à ce qui porte atteinte à la nature humaine dans le domaine de la vie et de la famille, et orphelin de chefs courageux. [...]

La traversée bourgeoise de ce désert anthropologique, ça suffit ! Tuer les enfants, et puis bientôt les malades et les vieillards en fin de vie, ça ne se fait pas, c’est de la barbarie. La parole se libère à l’extérieur de la France. Il faut faire comprendre ici que l’avortement ne se résume pas à une revendication féministe, une question de conscience individuelle ou de détresse personnelle. Ça impacte en profondeur la collectivité tout entière. Il y a des conséquences démographiques (le grand remplacement de population : 9 millions d’enfants non nés depuis quarante ans), médicales (l’eugénisme parfaitement entré dans les mœurs), juridiques (l’inversion du droit avec le référentiel du droit de tuer inscrit dans la loi).

C’est une guerre totale qui est menée non seulement contre la famille mais contre la nature humaine et sa liberté. Comment être crédible pour défendre la famille si on évite de se battre contre ce qui la pulvérise dans son maillon le plus faible : l’enfant à naître ? C’est un combat pour la liberté car l’espace naturel d’apprentissage de la liberté d’esprit, c’est la famille. En détruisant l’enfant, on détruit la famille, en détruisant la famille, on place l’individu tout seul face à l’État et au Marché."

Michel Janva

MichelT

Date d'inscription : 06/02/2010

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